Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Acclamez le Seigneur, terre entière
servez le Seigneur dans l'allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d'âge en âge.


Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Je chante sous la douche, dans la rue, au café. Je chante aujourd’hui je ne sais pas pourquoi. Je chante et on dirait que les oiseaux m’encouragent. Je chante et le soleil, et la pluie, et le vent se mêlent à mes paroles et continuent ma chanson. Eux et moi, tous ici habitons sa maison : le monde qu’il a fait, si beau, si grand et bon. Je chante : « C’est inutile de chanter vous savez, allez gagner des sous, soyez un peu sérieux ! » Mais ce matin je veux gaspiller ce que j’ai. Je veux être l’artiste ou la femme au parfum qui brise sans attendre le vase précieux sur le corps de Jésus préparé pour la gloire. Un peu de luxe, pour rien ; le plus beau des concerts, dans le plus grand palais : louange sur la terre, par tout ce qui y est.

Je chante et je sais bien que l’on pleure aussi, pas loin. Je chante sans mépriser la douleur et le doute. Je chante, au Christ mort, délaissé par les siens. Je chante car au Calvaire personne n’a pu bercer son agonie terrible. Je chante pour remédier à celui qui trahit. Je chante le réconfort de l’homme abandonné. Je chante, pour que la mort n’ait pas le dernier mot. Je chante sans raison, la raison n’y peut rien. Car ni science, ni effort, ni mérites ni peines, n’ont produit le miracle que mon péché non plus n’a pas pu empêcher : à l’instant, ce matin, je me suis réveillé. J’étais vivant, c’est bête, mais c’est immense aussi. Comme ressuscité, debout après la nuit. Je suis vivant, par Lui. Voilà, qui me suffit.