Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Le Seigneur est roi : les peuples s'agitent.
Il trône au-dessus des Kéroubim : la terre tremble.

En Sion le Seigneur est grand :
c'est lui qui domine tous les peuples.

Ils proclament ton nom, grand et redoutable,
car il est saint !

Il est fort, le roi qui aime la justice.
C'est toi, l'auteur du droit,
toi qui assures en Jacob la justice et la droiture.

Exaltez le Seigneur notre Dieu,
prosternez-vous au pied de son trône
car il est saint !


Moïse et le prêtre Aaron,
Samuel, le Suppliant,
tous, ils suppliaient le Seigneur,
et lui leur répondait.

Dans la colonne de nuée, il parlait avec eux ;
ils ont gardé ses volontés, les lois qu'il leur donna.

Seigneur notre Dieu, tu leur as répondu :
avec eux, tu restais un Dieu patient,
mais tu les punissais pour leurs fautes.

Exaltez le Seigneur notre Dieu,
prosternez-vous devant sa sainte montagne,
car il est saint,
le Seigneur notre Dieu.

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

La grande diversité des visages de saints dans la communion des saints a de quoi troubler le sens de ce que « saint » veut dire. Elle peut rendre flous les contours de la sainteté elle-même. Pour retrouver ce sens, comment ne pas scruter la source de toute sainteté ? Car il est saint ! Car il est saint ! Car il est saint ! Cette triple affirmation de la sainteté de Dieu soutient ici la prière. Et quels traits offre-t-elle, cette sainteté qui se dit d’abord et surtout du Dieu saint ? Un mot revient plusieurs fois dans la bouche du psalmiste et d’autres mots, qui lui sont associés, viennent se ranger sous sa bannière et en renforcer le sens. Il n’est question ici que de justice et de justice encore, à travers le droit, la droiture et les lois. Dieu « aime la justice ».

Il est « l’auteur du droit ». Il assure « la justice et la droiture ». « Car il est saint ! » Cette orientation très ferme du sens de « saint » vers la « justice » se retrouve à la toute fin de la Bible, au livre de l’Apocalypse. La sainteté de Dieu y est triplement acclamée par les quatre vivants : « Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu » (*). Et la sainteté de Dieu, c’est la justice de son jugement : « Tu es juste, toi le saint, parce que tu as exercé le jugement » (**). Mais à quoi bon retrouver le sens de ce que « saint » veut dire ? Pourquoi la prière irait-elle dans ce sens ? Pourquoi, sinon pour ouvrir à une vie une voie de sainteté ? La finale de l’Apocalypse adresse ainsi à tout priant cet appel : « Que le juste pratique encore la justice et que celui qui est saint se sanctifie encore ! » (***).



* livre de l’Apocalypse, chapitre 4, verset 8
** chapitre 16, verset 5
*** chapitre 22, verset 11