Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !

Ténèbre et nuée l'entourent,
justice et droit sont l'appui de son trône.
Devant lui s'avance un feu
qui consume alentour ses ennemis.

Quand ses éclairs illuminèrent le monde,
la terre le vit et s'affola ;
les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.

Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.
Honte aux serviteurs d'idoles qui se vantent de vanité !
A genoux devant lui, tous les dieux !


Pour Sion qui entend, grande joie !
Les villes de Juda exultent
devant tes jugements, Seigneur !

Tu es, Seigneur, le Très-Haut
sur toute la terre :
tu domines de haut tous les dieux.

Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur,
car il garde la vie de ses fidèles
et les arrache aux mains des impies.

Une lumière est semée pour le juste,
et pour le coeur simple, une joie.
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ;
rendez grâce en rappelant son nom très saint.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

Le cœur simple. Mais qu’est-ce qu’un cœur simple pour Dieu ? Un cœur sincère et droit. Un cœur qui ne veut pas connaître la méchanceté et refuse la duplicité ou l’art destructeur du mensonge. Surtout un cœur qui aime, passionnément, sans se lasser, avec une fidélité inventive. Un cœur qui ne renonce pas devant les creux et les méandres de la vie, parfois ses abîmes.
Mais existe-t-il un tel cœur ? Un humain peut-il se prévaloir d’aimer ainsi ? De devenir un, véritablement lui-même. Non pour se regarder, mais au contraire pour se détourner de lui, au profit de la vie bonne, de la justice, pour d’autres.
Moi, Seigneur, je suis empêtrée dans mes ambiguïtés, ma part obscure, mes peurs, tout ce qui retient mon âme d’être vraiment libre, pour toi mon ami et mon Dieu ; pour d’autres, dont la peine, la question, la plainte, le silence, m’implorent.

En ton Fils, c’est ainsi que tu as vécu, l’homme vrai, le cœur pur. Non une pureté de séparation, hautaine, lointaine, mais celle qui traduit la blessure d’aimer avec justesse. « Heureux les cœurs purs » dis-tu dans les Béatitudes (*). Heureux ceux qui vont de compagnie, consentent à la douleur de l’amitié, du don. Ceux qui prennent tout ensemble : la peine et la joie, la colère et la douceur. Heureux ceux qui liguent de concert leur cœur, leur pensée, leur volonté, pour les orienter tous trois vers ce qui fait vivre, vers ce qui restaure. Là est l’unité véritable, la simplicité.
C’est ton courage seul qui peut nourrir ma pauvre force. La porter si nécessaire. Juste pour m’approcher de toi. De mon humanité aussi. Sur ce chemin, ta joie est offerte avec largesse, y compris par gros temps.





* Êvangile selon st Mathieu, chapître 5,
verset 8