Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,
le grand roi au-dessus de tous les dieux :
il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui ;
à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries.

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu'il conduit,
le troupeau guidé par sa main.


Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre coeur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.

« Quarante ans leur génération m'a déçu,
et j'ai dit : Ce peuple a le coeur égaré,
il n'a pas connu mes chemins.
Dans ma colère, j'en ai fait le serment :
Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Comment oublier la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie ? (*). Marthe s’active, un fichu sur la tête, un plumeau dans la main gauche, une casserole dans la main droite. Marie, elle, ne fait rien. On a souvent lu cette page comme la description des deux vocations complémentaires, contemplatives et actives. Saint Augustin, toujours malin, propose une autre interprétation : « Marthe n’avait qu’un souci : comment nourrir le Seigneur. Marie n’avait qu’un souci : comment être nourrie par le Seigneur. » Toute la question est de savoir si nous voulons de la nourriture que la Parole de Dieu, c'est-à-dire la Bible, nous sert. Saint Jean trouve que ces mets on d’abord un goût amer. C’est difficile de lire la Bible. C’est vieux, c’est touffu, c’est symbolique, il y a des lambeaux entiers qu’on ne comprend pas. Il y a de la violence, des meurtres, des vengeances, des viols.

Même les paroles de bonté sont difficiles à entendre : « Pardonne jusqu’à 70 fois 7 fois ! » (**). « Si on te gifle, tends l’autre joue ! » (***). La parole de Dieu nous ébranle. On préfère ne pas l’entendre. Et pourtant des milliers de saints et de saintes en ont fait leur miel. Jean-Paul Kauffmann, otage au Liban pendant trois ans, a tenu en captivité avec un seul livre : la Bible. Thérèse de Lisieux, qui n’avait pas de Bible dans son Carmel, apprenait par cœur les lectures pendant la messe pour les recopier dans un cahier et pouvoir ainsi méditer le Cantique des cantiques et l’Apocalypse.
La Parole de Dieu parle de nous et de Dieu, de nous dans notre relation à Dieu. Pour écouter la Parole de Dieu, c’est comme pour la prière : il faut s’opiniâtrer. Croyez-moi, la Parole de Dieu devient alors source de vie, de force, d’espérance, un cocktail rafraîchissant qui dilate le cœur. Ouvrez le livre et laissez-vous saisir par Dieu.




* Évangile selon saint Luc, chapitre 10, versets 38 à 42
** Évangile selon saint Matthieu, chapitre 18, verset 22
*** chapitre 5, verset 39