Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Dieu qui fais justice, Seigneur,
Dieu qui fais justice, parais !
Lève-toi, juge de la terre ;
aux orgueilleux, rends ce qu'ils méritent.

Combien de temps les impies, Seigneur,
combien de temps vont-ils triompher ?
Ils parlent haut, ils profèrent l'insolence,
ils se vantent, tous ces malfaisants.

C'est ton peuple, Seigneur, qu'ils piétinent,
et ton domaine qu'ils écrasent ;
ils massacrent la veuve et l'étranger,
ils assassinent l'orphelin.

Ils disent : « Le Seigneur ne voit pas,
le Dieu de Jacob ne sait pas ! »
Sachez-le, esprits vraiment stupides ;
insensés, comprendrez-vous un jour ?

Lui qui forma l'oreille, il n'entendrait pas ?
il a façonné l'oeil, et il ne verrait pas ?
il a puni des peuples et ne châtierait plus ?

Lui qui donne aux hommes la connaissance,
il connaît les pensées de l'homme,
et qu'elles sont du vent !


Heureux l'homme que tu châties, Seigneur,
celui que tu enseignes par ta loi,
pour le garder en paix aux jours de malheur,
tandis que se creuse la fosse de l'impie.

Car le Seigneur ne délaisse pas son peuple,
il n'abandonne pas son domaine :
on jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront.

Qui se lèvera pour me défendre des méchants ?
Qui m'assistera face aux criminels ?
Si le Seigneur ne m'avait secouru,
j'allais habiter le silence.

Quand je dis : « Mon pied trébuche ! »
ton amour, Seigneur, me soutient.
Quand d'innombrables soucis m'envahissent,
tu me réconfortes et me consoles.

Es-tu l'allié d'un pouvoir corrompu
qui engendre la misère au mépris des lois ?
On s'attaque à la vie de l'innocent,
le juste que l'on tue est déclaré coupable.

Mais le Seigneur était ma forteresse,
et Dieu, le rocher de mon refuge.
Il retourne sur eux leur méfait :
pour leur malice, qu'il les réduise au silence,
qu'il les réduise au silence, le Seigneur notre Dieu.

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Silence ! J’éteindrai la radio, fermerai le journal, l’ordinateur, et le reste, je veux fuir. Ni entendre, ni voir, tout ça est trop cruel. Je veux sortir d’ici, me retirer ailleurs. Je voudrais tellement voir sans m’écorcher les yeux. Entendre et écouter sans blesser mes oreilles. Ne pas devenir fou à fréquenter le monde. Ne pas perdre l’espoir à vivre l’injustice.
Ce silence c’est en Dieu que je le trouverai. Et c’est avec ses yeux que je regarderai. Blotti dans sa paix j’écouterai le monde, sa rumeur, ses cris. Me retirer en Dieu, caché dans son silence : voilà tout mon désir. Ce n’est pas m’absenter des hommes et de leurs luttes. Ce n’est pas déserter et renier mes frères. Jésus est-il plus loin, depuis qu’il est monté ? Son Esprit court encore, sur la terre des vivants et porte jusqu’au Père le grand remous du monde. Je veux joindre ma vie à ce mouvement divin : je veux prêter mon âme à la prière du Fils qui porté par l’Esprit remonte vers le Père. Je veux donner mon corps, ses yeux et ses oreilles, que mes sens aiguisés vibrent chacun plus fort, traversés par la plainte de l’univers entier. Je veux me fatiguer à être dans le monde, et porter dedans moi toute angoisse et toute peine pour les montrer à Dieu qui peut tout apaiser. Je serai son veilleur.
Silence ! Le bruit en moi s’achève. J’éteins toute violence, je mène un peu du monde jusque dans mon refuge. Silence ! Ma paix est contagieuse, lorsque Dieu me rejoint.