Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Autrefois, tu as parlé à tes amis,
dans une vision tu leur as dit :
« J'ai donné mon appui à un homme d'élite,
j'ai choisi dans ce peuple un jeune homme.

« J'ai trouvé David, mon serviteur,
je l'ai sacré avec mon huile sainte ;
et ma main sera pour toujours avec lui,
mon bras fortifiera son courage.

« L'ennemi ne pourra le surprendre,
le traître ne pourra le renverser ;
j'écraserai devant lui ses adversaires
et je frapperai ses agresseurs.

« Mon amour et ma fidélité sont avec lui,
mon nom accroît sa vigueur ;
j'étendrai son pouvoir sur la mer
et sa domination jusqu'aux fleuves.

« Il me dira : Tu es mon Père,
mon Dieu, mon roc et mon salut !
Et moi, j'en ferai mon fils aîné,
le plus grand des rois de la terre !


« Sans fin je lui garderai mon amour,
mon alliance avec lui sera fidèle ;
je fonderai sa dynastie pour toujours,
son trône aussi durable que les cieux.

« Si ses fils abandonnent ma loi
et ne suivent pas mes volontés,
s'ils osent violer mes préceptes
et ne gardent pas mes commandements,

« je punirai leur faute en les frappant,
et je châtierai leur révolte,
mais sans lui retirer mon amour,
ni démentir ma fidélité.

« Jamais je ne violerai mon alliance,
ne changerai un mot de mes paroles,
Je l'ai juré une fois sur ma sainteté ;
non, je ne mentirai pas à David !

« Sa dynastie, sans fin subsistera
et son trône, comme le soleil en ma présence,
comme la lune établie pour toujours,
fidèle témoin là-haut ! »

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Mais où est-il ce trône de David ? Et cette royauté quelle est sa descendance ? Vais-je trouver sur une carte un lieu où aujourd’hui s’accomplirait toujours ce que l’on décrit là ? Les prétendants sont nombreux à promettre sécurité, richesse et bonheur. Mais comment distinguer le roi vers qui aller ? Serait-ce le plus beau, le plus riche, ou puissant ? Le pouvoir politique ou celui de l’argent ? Qui croire pour grandir, où planter mes racines, devant quel trône moderne irai-je me prosterner ? Je cherche sans trouver ce lieu sûr ou sans crainte, un chef, un roi, un maître qu’il suffirait de croire, de suivre, et d’obéir me donnerait de vivre.
Et je lève les yeux : vers la lune et le ciel. Ils en ont vu passer des royaumes superbes, des règnes fanfarons.

Mais un jour, pour un roi, ce ciel s’est obscurci. Son trône était de bois. Une couronne d’épine. Un sceptre comme une croix. L’amour pour toute doctrine.
Je suis sujet d’un roi qui a pour Père Dieu. Un homme sur la terre, mais descendu des cieux. Je suis sujet d’un roi qui sans le conquérir, possède l’univers, la mer, les terres, les airs, car c’est lui qui les fit. Depuis l’homme revendique ce qui n’est pas à lui. Il trace des frontières, s’invente des pays : aucun n’est vraiment mien, ma demeure est ailleurs. Je suis sujet d’un roi qui n’est pas sur la terre et qui me veut debout, car je suis roi, par lui. Ce roi m’a tout donné, bien que tout soit à lui. A lui je veux tout rendre, jusqu’à ma propre vie.