Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Eelle est fondée sur les montagnes saintes.
Le Seigneur aime les portes de Sion
plus que toutes les demeures de Jacob.

Pour ta gloire on parle de toi,
ville de Dieu !
« Je cite l'Egypte et Babylone
entre celles qui me connaissent. »

Voyez Tyr, la Philistie, l'Ethiopie ;
chacune est née là-bas.
Mais on appelle Sion : « Ma mère ! »
car en elle, tout homme est né.

C'est lui, le Très-Haut, qui la maintient.

Au registre des peuples, le Seigneur écrit ;
« chacun est né là-bas. »
Tous ensemble ils dansent, et ils chantent ;
« En toi, toutes nos sources ! »

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

S’il est bien une inégalité, c’est bien celle de la naissance. Entre amour et abandon, entre naissance espérée, attendue et naissance redoutée. Entre pauvreté et confort. Naître n’est pas toujours une bénédiction, pas davantage un don. Enfance heureuse, protégée, oui, mais aussi enfance bafouée, délaissée, douloureuse.
Violence des inégalités dès les commencements. Si nous pouvons nous émerveiller, il nous arrive tout autant de craindre pour la vie, l’avenir, du petit d’homme qui vient au monde.
Une autre naissance est racontée par le psalmiste. « On appelle Sion : « Ma mère ! » car en elle, tout homme est né. » (*)
Pour le priant, Jérusalem - Sion - est ville universelle, la cité fondée non de mains d’hommes mais par le Seigneur. Tous les peuples pourront ainsi renaître, Jérusalem sera comme leur mère. Dieu donne à chacun, d’où qu’il vienne, droit de cité dans la ville sainte.


Donner droit de cité. N’est-ce pas là ce que réalise l’amitié du Christ ? Lui qui ne fait acception de personne : enfant, malade, pécheur, étranger… Tout un chacun a droit de cité auprès de lui. À commencer par celles et ceux qui n’ont plus de lieu à eux : un paralytique passé par le toit, une femme qui va être lapidée, un homme pendu au bois d’une croix, comme Jésus. Chacune, chacun est de plein droit en sa présence aimante. En son secours.
Si le droit d’asile est loin d’être garanti en ce monde, il n’en est rien auprès de Dieu. La vraie cité sainte n’est plus une ville, mais un corps vivant, aimant, un corps ouvert à toute détresse comme à toute joie. Oui, en lui, en Jésus, tout homme est né. Et chacun peut renaître (**), même vieux ou abîmé, car c’est de l’eau et de l’Esprit, donnés par le Fils, qu’il revient vers la vie véritable. Celle qui retrouve un avenir.




* Psaume 86, verset 5
** Évangile selon saint Jean, chapitre 3, versets 4 à 8.