Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

De quel amour sont aimées tes demeures,
Seigneur, Dieu de l'univers !

Mon âme s'épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon coeur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !

L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison,
et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l'univers,
mon Roi et mon Dieu !

Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
Heureux les hommes dont tu es la force :
des chemins s'ouvrent dans leur coeur !

Quand ils traversent la vallée de la soif,
ils la changent en source ;
de quelles bénédictions la revêtent
les pluies de printemps !

Ils vont de hauteur en hauteur,
ils se présentent devant Dieu à Sion.


Seigneur, Dieu de l'univers, entends ma prière ;
écoute, Dieu de Jacob.
Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.

Oui, un jour dans tes parvis
en vaut plus que mille.

J'ai choisi de me tenir sur le seuil,
dans la maison de mon Dieu,
plutôt que d'habiter
parmi les infidèles.

Le Seigneur Dieu est un soleil,
il est un bouclier ;
le Seigneur donne la grâce,
il donne la gloire.

Jamais il ne refuse le bonheur
à ceux qui vont sans reproche.

Seigneur, Dieu de l'univers,
heureux qui espère en toi !

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

La place est incommode, balayée par le vent. On tient à peine ici, sur le seuil, à la porte. Dedans, c’est la pénombre, c’est l’église, c’est le Temple où Dieu est retiré. C’est la pièce cachée où il faut le trouver. C’est le mystère profond dont il fait sa demeure. Au dehors, c’est la ville, sa lumière, ses cris, la foule qui ignore que Dieu habite ici. Je suis là, entre deux, sur la crête fragile. Je suis là, sur le seuil où tout devient possible, et je voudrais d’un coup embrasser l’un et l’autre : le monde qui bouillonne et mon Dieu si paisible. Les étreindre et unir dans une seule prière et la ville et le Temple et l’univers entier.
Ce parvis est gravé par les pas trop pressés de ceux qui vont et viennent et rarement ne s’arrêtent.

Ils courent, ils s’affairent : l’argent, la gloire, ou bien d’autres soucis, la maladie, la peine. Figés dans leurs pensées ils n’entreront jamais. C’est donc moi qui pour eux parlerai à mon Dieu : « Tu la vois cette ville, je te l’offre aujourd’hui. Prends pitié de la foule qui t’oublie chaque jour, qui meurt sans le savoir de t’avoir ignoré. Prends pitié de mes frères, pas un ne doit se perdre. Avec eux je viendrai sur ce seuil béni, je gravirai les marches d’où l’on voit et la ville et Dieu. Et ce seuil si étroit se changera en place où l’arbre de la vie offrira ombre et abri. Alors tu sortiras et tous verront ta face. » Sur le seuil un chemin s’est ouvert en mon cœur. Il va de l’homme à Dieu : le Temple est intérieur.