Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Criez de joie pour Dieu, notre force,
acclamez le Dieu de Jacob.

Jouez, musiques, frappez le tambourin,
la harpe et la cithare mélodieuse.
Sonnez du cor pour le mois nouveau,
quand revient le jour de notre fête.

C'est là, pour Israël, une règle,
une ordonnance du Dieu de Jacob ;
il en fit, pour Joseph, une loi
quand il marcha contre la terre d'Égypte.

J'entends des mots qui m'étaient inconnus :
« J'ai été le poids qui chargeait ses épaules ;
ses mains ont déposé le fardeau.

« Quand tu criais sous l'oppression, je t'ai sauvé;
je répondais, caché dans l'orage,
je t'éprouvais près des eaux de Mériba.

« Écoute, je t'adjure, ô mon peuple ;
vas-tu m'écouter, Israël ?
Tu n'auras pas chez toi d'autres dieux,
tu ne serviras aucun dieu étranger.


« C'est moi, le Seigneur ton Dieu,
qui t'ai fait monter de la terre d'Égypte !
Ouvre ta bouche, moi, je l'emplirai.

« Mais mon peuple n'a pas écouté ma voix,
Israël n'a pas voulu de moi.
Je l'ai livré à son coeur endurci :
qu'il aille et suive ses vues !

« Ah ! Si mon peuple m'écoutait,
Israël, s'il allait sur mes chemins !
Aussitôt j'humilierais ses ennemis,
contre ses oppresseurs je tournerais ma main.

« Mes adversaires s'abaisseraient
devant lui ;
tel serait leur sort à jamais !
Je le nourrirais de la fleur du froment,
je le rassasierais avec le miel du rocher ! »

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

« Les eaux de Mériba » (*), les eaux de la discorde, de la querelle. Nous sommes dans le désert. Le peuple est sorti d’Égypte depuis 38 ans et il continue de marcher vers la terre attendue, promise. Pour l’heure, rien que du désert, encore et toujours.
Les fils d’Israël n’en peuvent plus. Ils s’adressent alors à ses intercesseurs : Moïse et Aaron. Est-ce parce qu’ils sont à bout de force ? Est-ce Moïse et son frère Aaron qui eux-mêmes doutent ? En tout cas la défiance est là : nombre des compagnons de la première génération sont morts avant d’atteindre le pays de miel. La seconde génération commence à craindre le même sort.
Terrible temps du doute.
La discorde, la querelle habitent parfois nos vies. Y compris en notre Église où il peut être si difficile de débattre sereinement, dans le respect de chacun et de sa sensibilité.

La querelle prend le pas sur la primauté de la relation à Dieu et de l’attention à l’autre.
Jésus lui-même a fait face aux eaux de la discorde de ses disciples (**), eux qui se disputent sur leur place dans le Royaume, plutôt que d’entourer Jésus, dans sa marche difficile. Querelle dérisoire devant la gravité de la confiance à faire. Controverses insignifiantes de nos existences où nous épuisons nos forces. Des forces pourtant si précieuses pour croire à la Parole qui fait vivre, dans les nuits du doute. « Cœurs endurcis » aussi des grands prêtres qui, au long de l’évangile, craignent pour leurs pouvoirs et leurs avantages. Le cœur endurci empêche d’être touché par le vrai Dieu, celui qui veut « décharger notre fardeau » en le portant avec nous.

Préférons un cœur blessé, peut-être, mais vivant et confiant.




* Voir Livre des Nombres , chapitre 20, versets 1 à 13
* Évangile selon saint Marc, chapitre 10, versets 35 à 41