Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Seigneur mon Dieu, tu es mon refuge !
On me poursuit : sauve-moi, délivre-moi !
Sinon ils vont m'égorger, tous ces fauves,
me déchirer, sans que personne me délivre.

Seigneur mon Dieu, si j'ai fait cela,
si j'ai vraiment un crime sur les mains,
si j'ai causé du tort à mon allié
en épargnant son adversaire,
que l'ennemi me poursuive, qu'il m'atteigne
(qu'il foule au sol ma vie)
et livre ma gloire à la poussière.

Dans ta colère, Seigneur, lève-toi,
domine mes adversaires en furie,
réveille-toi pour me défendre et prononcer ta sentence.
Une assemblée de peuples t'environne :
reprends ta place au-dessus d'elle,
Seigneur qui arbitres les nations.

Juge-moi, Seigneur, sur ma justice :
mon innocence parle pour moi.
Mets fin à la rage des impies,
affermis le juste,
toi qui scrutes les coeurs et les reins,
Dieu, le juste.


J'aurai mon bouclier auprès de Dieu,
le sauveur des coeurs droits.
Dieu juge avec justice ;
Dieu menace chaque jour l'homme qui ne se reprend pas.
Le méchant affûte son épée,
il tend son arc et le tient prêt.
Il se prépare des engins de mort ;
de ses flèches, il fait des brandons.

Qui conçoit le mal et couve le crime
enfantera le mensonge.
Qui ouvre une fosse et la creuse
tombera dans le trou qu'il a fait.
Son mauvais coup lui revient sur la tête,
sa violence retombe sur son crâne.

Je rendrai grâce au Seigneur pour sa justice,
je chanterai le nom du Seigneur, le Très-Haut.

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

« si j'ai vraiment un crime sur les mains »

Mes mains, mes pauvres mains. Elles ont secouru, c’est vrai. Elles se sont tendues parfois, pour relever mon frère ; elles ont fait l’aumône. Elles ont travaillé, et essuyé des larmes. Mais elles furent aussi complices du mal. Le doigt tendu, accusateur, le geste de menace et le coup porté. Et puis cette alliance aussi que j’ai souvent trahie, pour laquelle le pardon toujours est de rigueur. Qu’ai-je donc sur mes mains ? Le crime ou la justice ?
Mais ce sont d’autres mains, ouvertes, qui me reviennent, en scrutant mes paumes et mes doigts familiers. Les mains ouvertes du seul juste. Pas de sang sur ces mains là, pourtant ensanglantées à l’heure de la croix.
Christ en croix, mon crime sur ses mains pures, mon péché sur sa justice.
Le voilà, mon bouclier, sauveur des cœurs droits : il me protège, vaincu, le cœur ouvert, criblé par une lance. La voilà, mon innocence, celle qui parle pour moi : elle me défend, muette, pendue sur le gibet.
La justice de Dieu et la colère des hommes trouvent en Lui son apaisement. En ses mains seulement, les miennes seront pures et mes blessures ne guériront que bercées dans ses plaies.
Allons, ce n’est plus l’heure de regarder mes mains. Souillées et pures, complices et courageuses, que je les élève aujourd’hui pour lui rendre toutes choses. Le bien et le mal qu’avec elles j’ai commis ; mon histoire, sinueuse gravée sur mes deux mains. Puisse Sa paume si douce la recueillir un jour.