Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Mon Dieu, viens me délivrer ;
Seigneur, viens vite à mon secours !
Qu'ils soient humiliés, déshonorés,
ceux qui s'en prennent à ma vie !

Qu'ils reculent, couverts de honte,
ceux qui cherchent mon malheur ;
que l'humiliation les écrase,
ceux qui me disent : « C'est bien fait ! »

Mais tu seras l'allégresse et la joie
de tous ceux qui te cherchent ;
toujours ils rediront : « Dieu est grand ! »
ceux qui aiment ton salut.

Je suis pauvre et malheureux,
mon Dieu, viens vite !
Tu es mon secours, mon libérateur :
Seigneur, ne tarde pas !


Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

Vite !

Il y a urgence, Seigneur !

Tous ceux dont la vie s’effondre, poursuivis, acculés, ont un besoin immédiat de ton secours.
Tu dois venir !
Ou envoyer quelqu’un !

Il y a des moqueurs, qui se rient de ces petites gens qui ont mis en toi leur confiance ! D’autres disent que c’est bien fait, qu’ils n’ont que ce qu’ils méritent, ces pauvres sots qui croient encore en Dieu ! Ils n’avaient qu’à ne pas être si naïfs ; ni si honnêtes !
Eux, les glacés, ils se moquent de cette foi qui brûlent du dedans ceux qui t’aiment !

Tu dois venir !
Sais-tu qu’il y a des puissants qui sont en train d’arraisonner la terre à leurs délires, de hacher menu tout ce qui tente de résister ? Ne tarde pas, Seigneur, ou plus personne n’y comprendra rien !

Tout nous échappe, nous sommes déroutés. Il y a vraiment urgence, Seigneur et les coups redoublés dont nous martelons le ciel doivent impérativement te réveiller !

A moins que tu ne dormes pas…
Et que déjà tu sois venu ?

A moins que tu ne te caches dans les convois d’exilés qui fuient leur maison ?
A moins que ce ne soit toi, cette silhouette assise derrière la vieille dame qui égraine son chapelet dans une église vide ? Ou toi encore, présent à côté de cet homme qui roule soigneusement son tapis de prière, avant d’aller embrasser ses enfants dans la nuit, sans savoir du tout, de quoi demain sera fait ?

A moins que ce ne soit toi, qui glisses à mon oreille cette supplique ardente :
« Je suis pauvre, viens vite, ne tarde pas, j’ai tant besoin de toi ».