Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Et moi, je te prie. Seigneur :
c'est l'heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

Tire-moi de la boue,
sinon je m'enfonce :
que j'échappe à ceux qui me haïssent,
à l'abîme des eaux.

Que les flots ne me submergent pas,
que le gouffre ne m'avale,
que la gueule du puits
ne se ferme pas sur moi.

Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse,
regarde-moi.

Ne cache pas ton visage à ton serviteur ;
je suffoque : vite, réponds-moi.
Sois proche de moi, rachète-moi,
paie ma rançon à l'ennemi.

Toi, tu le sais, on m'insulte :
je suis bafoué, déshonoré ;
tous mes oppresseurs
sont là, devant toi.

L'insulte m'a broyé le coeur,
le mal est incurable ;
j'espérais un secours, mais en vain,
des consolateurs, je n'en ai pas trouvé.

A mon pain, ils ont mêlé du poison ;
quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre.
Que leur table devienne un piège,
un guet-apens pour leurs convives !
Que leurs yeux aveuglés ne voient plus,
qu'à tout instant les reins leur manquent !


Déverse sur eux ta fureur,
que le feu de te colère les saisisse,
que leur camp devienne un désert,
que nul n'habite sous leurs tentes !

Celui que tu frappais, ils le pourchassent
en comptant les coups qu'il reçoit.
Charge-les, faute sur faute ;
qu'ils n'aient pas d'accès à ta justice.
Qu'ils soient rayés du livre de vie,
retranchés du nombre des justes.

Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.
Cela plait au Seigneur plus qu'un taureau,
plus qu'une bête ayant cornes et sabots.

Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n'oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

Car Dieu viendra sauver Sion
et rebâtir les villes de Juda.
Il en fera une habitation, un héritage :
patrimoine pour les descendants de ses serviteurs,
demeure pour ceux qui aiment son nom.

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Oh oui, Seigneur ! Tire-moi de la vase et de la boue. Rends-moi la fraicheur de ma jeunesse. Rends-moi l’innocence et la pureté. Que les immondices ne me submergent plus. Que la violence, l'affectivité dévergondée, la bêtise mesquine ne colonisent plus mon cœur. Que je puisse choisir ce qui élève et non ce qui abaisse. Que je préfère ce qui embellit et glorifie à ce qui salit, souille et ternit. Rends-moi, Seigneur, la dignité et la noblesse. Apprends-moi, Seigneur, à redevenir " un fils de la lumière " (*)
Que je ressemble à la colombe ou à la girafe et non au cancrelat ou au scorpion. Donne-moi, Seigneur, un cœur nouveau. Transforme-moi par ta grâce. Que la Vierge Marie me tienne la main au milieu du gouffre des eaux et des bêtes grouillantes et féroces.
Oui je suis complice du mal et de la saleté. Je me vautre dans la médiocrité parce que je n’ai pas le courage de la sainteté. Arrache-moi à ces compromissions. Fais jaillir en moi les sources d'eau vives. Donne-moi une nouvelle chance, Seigneur. Restaure mon honneur. Je retrouverai alors la joie et la paix, j’apprécierai la simplicité. Tu me connais, Seigneur, et malgré ces sanies tu m’aimes et tu m’offres le Salut. Toi seul peux me sauver. Le mal semble incurable tant je suis encroûté dans mes petits vices. Tends-moi la main, guéris-moi, délivre-moi !




* Première lettre aux Thessaloniciens, chapitre 5, verset 5