Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Que le Seigneur soit béni !
Jour après jour, ce Dieu nous accorde la victoire.

Le Dieu qui est le notre est le Dieu des victoires,
et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.
A qui le hait, Dieu fracasse la tête ;
à qui vit dans le crime, il défonce le crâne.

Le Seigneur a dit : « Je les ramène de Basan,
je les ramène des abîmes de la mer,
afin que tu enfonces ton pied dans leur sang,
que la langue de tes chiens ait sa pâture d'ennemis. »

Dieu, on a vu ton cortège,
le cortège de mon Dieu, de mon roi dans le Temple :
en tête les chantres, les musiciens derrière,
parmi les jeunes filles frappant le tambourin.

Rassemblez-vous, bénissez Dieu ;
aux sources d'Israël, il y a le Seigneur !
Voici Benjamin, le plus jeune, ouvrant la marche,
les princes de Juda et leur suite,
les princes de Zabulon, les princes de Nephtali.


Ton Dieu l'a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t'apporter leurs présents.

Menace la Bête des marais
la bande de fauves, la meute des peuples :
qu'ils se prosternent avec leurs pièces d'argent ;
désunis les peuples qui aiment la guerre.

De l'Égypte arriveront des étoffes somptueuses;
l'Éthiopie viendra vers Dieu les mains pleines.
Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur,
celui qui chevauche au plus haut des cieux,
les cieux antiques.

Voici qu'il élève la voix, une voix puissante ;
rendez la puissance à Dieu.
Sur Israël, sa splendeur !
Dans la nuée, sa puissance !

Redoutable est Dieu dans son temple saint,
le Dieu d'Israël ;
c'est lui qui donne à son peuple
force et puissance.
Béni soit Dieu !

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Est-ce un hymne à la puissance victorieuse de la nation d’Israël contre toutes les nations ennemies ? L’Égypte et l’Éthiopie venant à Jérusalem avec leurs présents, étoffes somptueuses, mains pleines. Au Temple, cortège, chantres, musiciens, jeunes filles frappant le tambourin, une liturgie grandiose rassemblant les tribus d’Israël, Benjamin, Juda, Zabulon, Nephtali, pour louer ce « Dieu qui est le nôtre », qui est le « Dieu des victoires » ? Mais alors pourquoi une telle violence dans les mots du psalmiste ? Et quel ennemi déjà vaincu pourrait mériter qu’on appelle sur lui une destruction aussi terrifiante ? Têtes fracassées, crânes défoncés, corps noyés dans leur propre sang, livrés en pâture à la langue des chiens ! Non, le priant n’est pas du côté des vainqueurs.

Il appartient au petit reste d’une nation détruite, exilée, déportée, écrasée sous le joug d’un peuple qui aime la guerre. Sa prière est d’abord une plainte : « désunis les peuples qui aiment la guerre. » Et l’ennemi contre lequel il voit Dieu se lever n’a pas de corps à livrer en pâture à la langue des chiens (*). Cet Ennemi se dresse en face de Dieu et le provoque. Cet Ennemi, c’est l’idole. L’immonde bête, qui a pouvoir de transformer une nation pacifique en une « bande de fauves », liés par la haine. Mais le priant n’est pas sans expérience. Ce qui n’est pas uni par l’amour ne va-t-il pas bientôt se défaire ? Il ne craint plus la mort. Car « les portes de la mort sont à Dieu. » Il ne maudit plus. Apaisé, il bénit !

Jésus, tu nous enseignes l’amour des ennemis, désarme en nous la haine !



* Psaume 67, verset 21 et 24.