Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.

Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables !
En présence de ta force, tes ennemis s'inclinent.
Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »

Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.
Il changea la mer en terre ferme ;
ils passèrent le fleuve à pied sec.

De là, cette joie qu'il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.
Ses yeux observent les nations ;
que les rebelles courbent la tête !

Peuples, bénissez notre Dieu !
Faites retentir sa louange,
car il rend la vie à notre âme,
il a gardé nos pieds de la chute.

C'est toi, Dieu, qui nous as éprouvés,
affinés comme on affine un métal ;
tu nous a conduit dans dans un piège,
tu as serré un étau sur nos reins.


Tu as mis des mortels à notre tête ;
nous sommes entrés dans l'eau et le feu,
tu nous as fait sortir vers l'abondance.

Je viens dans ta maison avec des holocaustes,
je tiendrai mes promesses envers toi,
les promesses qui m'ouvrirent les lèvres,
que ma bouche a prononcées dans ma détresse.

Je t'offrirai de beaux holocaustes
avec le fumet des béliers ;
je prépare des boeufs et des chevreaux.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez
Dieu :
je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ;
quand je poussai vers lui mon cri,
ma bouche faisait déjà son éloge.

Si mon coeur avait regardé vers le mal,
le Seigneur n'aurait pas écouté.
Et pourtant, Dieu a écouté,
il entend le cri de ma prière.

Béni soit Dieu
qui n a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

L’eau et le feu

L’eau inonde, et noie.
Il faut avoir pris la mer une nuit de tempête pour comprendre ceux qui y voyaient le lieu des enfers, emplis de monstres inconnus.

Le feu consume et brûle, il réduit en cendres tout ce qu’il trouve.
Et tout y passe.
Il faut avoir vu le feu crépiter et rougeoyer dans le noir des nuits d’été pour comprendre comment la terreur peut être mêlée de fascination.

Les Hébreux, pour quitter l’esclavage et ses chaînes, sont entrés dans la mer.
La mer, un instant, a retenu son souffle, éblouie de voir ce petit peuple déterminé à vaincre ses propres démons, pour aller au désert rendre un culte à son Dieu.
Et le peuple est passé à travers la mer, sans mouiller sa sandale, si ce n’est dans une flaque, ici ou là, où un poisson se débattait car ils n’allaient pas assez vite et que déjà l’eau lui manquait.


Car si l’eau tue quand elle inonde, elle tue aussi ceux qui en manquent.
Et le peuple l’apprit à ses dépends. Au désert, c’est dans le feu qu’il est entré.
Alors, il apprit Dieu.
Il apprit à mendier son eau, car Dieu donne aux mains vides.
Et il apprit du feu à brûler ses idoles, à marcher dans la nuit.
Car Dieu, son Dieu, était le feu qui éclairait sa nuit et réchauffait son cœur.
Toujours, le peuple doit passer par l’eau et par le feu.
Engloutir les chaînes qui le lient, et brûler ses idoles.

Au petit matin de Pâques, tu nous laisses, Seigneur, l’eau et le feu, sans danger désormais.
A ceux qui ont traversé la nuit avec toi, tu fais de l’eau un vin de joie, et ton feu brûle en nous du désir d’inviter le monde à cette fête.