Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Écoute, ô mon Dieu, le cri de ma plainte ;
face à l'ennemi redoutable, protège ma vie.
Garde-moi du complot des méchants,
à l'abri de cette meute criminelle.

Ils affûtent leur langue comme une épée,
ils ajustent leur flèche, parole empoisonnée,
pour tirer en cachette sur l'innocent ;
ils tirent soudain, sans rien craindre.

Ils se forgent des formules maléfiques,
ils dissimulent avec soin leurs pièges ;
ils disent : « Qui les verra ? »

Ils machinent leur crime :
Notre machination est parfaite ;
le coeur de chacun demeure impénétrable !


Mais c'est Dieu qui leur tire une flèche,
soudain, ils en ressentent la blessure,
ils sont les victimes de leur langue.

Tous ceux qui les voient hochent la tête
tout homme est saisi de crainte :
il proclame ce que Dieu a fait,
il comprend ses actions.

Le juste trouvera dans le Seigneur
joie et refuge,
et tous les hommes au coeur droit,
leur louange.

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Pas vu, pas pris. L’illusion est tenace : n’existerait vraiment que tout ce qui se voit. Et l’on oublie que Dieu sait ce qui est caché, et l’on en oublie Dieu, car il est bien caché ! Entre nous, tout est clair, la nuit voilera ce dont l’on est peu fier. On s’accommode, on dissimule on complote en secret : « Dieu surtout, laisse-nous, nous sommes si bien ensemble à profiter de l’ombre et des recoins tordus. » Tout est permis, dans un monde sans Lui où les enfants gâtés gaspillent sans réserve ce qu’il nous a laissé de grâces à partager. Fébrile, on imagine refoulant les limites de ce qui se peut faire, foulant au passage les faibles dont on se sert. Et les mêmes se plaignent à la moindre déconvenue : « Dieu où es-tu ? Le jouet est cassé ! On a tué le monde, à force de tricher !

Mais nos mains sont bien propres, que nous tendons vers toi. Et le cœur qu’on te montre est digne, n’est-ce-pas ? »
Et la flèche est tirée, traversant le cœur des hommes malhonnêtes. Non que Dieu les châtie et veuille ainsi leur perte. Mais leur mal caché, dissimulé d’eux-mêmes, les pêcheurs endurcis ne pourront l’ignorer à l’heure où la Lumière viendra les éclairer. Dieu pénètre les cœurs, c’est là leur jugement. « Cela était en moi, ce mauvais, cette haine ? Je me mentais moi-même, jouant dans la pénombre. Pardon ! » La vie n’est pas un jeu. Il n’y a pas de cachette. Dieu me voit, je le sais. Et son regard d’amour éclaire ma ténèbre : « Que mes yeux soient les Tiens, à l’heure de la nuit ! »