Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l'aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

Je t'ai contemplé au sanctuaire,
j'ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

Toute ma vie, je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin, je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.


Dans la nuit, je me souviens de toi
et je reste des heures à te parler.
Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l'ombre de tes ailes.
Mon âme s'attache à toi,
ta main droite me soutient.

Mais ceux qui pourchassent mon âme,
qu'ils descendent aux profondeurs de la terre,
qu'on les passe au fil de l'épée,
qu'ils deviennent la pâture des loups !

Et le roi se réjouira de son Dieu.
Qui jure par lui en sera glorifié,
tandis que l'homme de mensonge
aura la bouche close !

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Voilà le psalmiste en pleine crise d’amour mystique ! Comme la bien-aimée du Cantique des cantiques, dès l’aube, il recherche son divin bien-aimé ! Il est prêt à mourir, s’il le faut, pour aller vers Lui. Son amour ne vaut-il pas mieux que la vie ? Sa chair dépérit comme une terre sans eau ! Il se souvient des visites du Très-Haut dans les veilles de la nuit ! Que sont devenus ces moments d’éternité, saturé de joie qu’il était, dans la contemplation au sanctuaire ? Quand sera-t-il rassasié à nouveau ? Quand pourra-t-il le bénir d’avoir été béni par Lui ? Mais l’attente ne va durer que la moitié d’un psaume. Il est bien là et avec quelle force, quelle gloire, quelle présence ! « Tu es venu à mon secours. Je crie de joie à l’ombre de tes ailes. » Où l’a-t-il trouvé ?

Par les rues et les places ? À l’horizon lointain où l’aube se lève ? Au sanctuaire ? Non, je t’ai cherché à l’extérieur de moi, alors que tu étais là présent à l’intérieur de moi-même, dira plus tard un grand priant des psaumes. C’est en son âme qu’il a retrouvé le Bien-Aimé, le soutien de sa vie : « Mon âme s’attache à toi, ta main droite me soutient. » La respiration de son âme, sa prière, l’arrache à la solitude affolée, où il périssait dans l’absence.

Jésus, en nous apprenant à demander l’Esprit Saint à Notre Père céleste, tu nous inities à la vraie prière. Là où souffle l’Esprit, à l’appel du désir, le priant ne se sent jamais seul. Dans la paix de l’âme se lève pour lui la Présence.