Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Délivre-moi de mes ennemis, mon Dieu ;
de mes agresseurs, protège-moi.
Délivre-moi des hommes criminels ;
des meurtriers, sauve-moi.

Voici qu'on me prépare une embuscade :
des puissants se jettent sur moi.
Je n'ai commis ni faute, ni péché, ni le mal, Seigneur,
pourtant ils accourent et s'installent.

Réveille-toi ! Viens à moi, regarde,
Seigneur, Dieu de l'univers, Dieu d'Israël :
lève-toi et punis tous ces païens,
sans pitié pour tous ces traîtres des
malheur !

R/ Le soir, ils reviennent :
comme des chiens, ils grondent,
ils cernent la ville.

Les voici, l'écume à la bouche,
l'épée aux lèvres : « Qui donc entendrait ? »
Mais toi, Seigneur, tu t'en amuses,
tu te ris de tous ces païens.]

Auprès de toi, ma forteresse, je veille ;
oui, mon rempart, c'est Dieu !
Le Dieu de mon amour vient à moi :
avec lui je défie mes adversaires.


[Ne les supprime pas, Seigneur,
de peur que mon peuple n'oublie !
Que ta puissance les terrasse et les disperse,
Seigneur, notre bouclier !

Ils pèchent dès qu'ils ouvrent la bouche ;
qu'ils soient pris à leur orgueil
puisqu'ils mentent et qu'ils maudissent !

Dans ta colère, détruis-les ;
détruis-les, qu'ils disparaissent !
Alors on saura que Dieu règne en Jacob
et sur l'étendue de la terre.

Le soir, ils reviennent :
comme des chiens, ils grondent,
ils cernent la ville.
Ils vont en quête d'une proie,
affamés, hurlant dans la nuit.]

Et moi, je chanterai ta force,
au matin j'acclamerai ton amour.
Tu as été pour moi un rempart,
un refuge au temps de ma détresse.

Je te fêterai, toi, ma forteresse :
oui, mon rempart, c'est Dieu,
le Dieu de mon amour.

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Il y a ce mystère, ce paradoxe qui peut faire trébucher la foi : pourquoi moi, pourquoi moi qui ne fais de mal à personne, moi qui suis un ami de Dieu, pourquoi suis-je une victime ? Pourquoi les méchants s’acharnent-ils contre moi ? Pourquoi Dieu ne récompense-t-il pas l’homme bon, dés ici-bas ? Pourquoi mes ennemis prospèrent-ils en toute impunité alors que, moi, je souffre ?
« Alors il est vrai que le serviteur n’est pas plus grand que le maitre » (*). Jésus a souffert jusqu’à la mort ce mystère d’iniquité. La consolation du juste agressé, la consolation de Job, c’est de savoir que Dieu, lui, ne l’oublie pas. La consolation de l’innocent bousculé, c’est aussi sa profonde paix. La paix est le plus grand trésor en ce monde. Même si je subis la vindicte de mes ennemis, je sais que je suis dans le droit chemin. Ma force, c’est ma conscience.


Et le Seigneur va me délivrer. Il a délivré Adam de la mort. Il a délivré la femme adultère de ses lapidateurs. Il a délivré Zachée de ses compromissions. Il a délivré saint Pierre de sa trahison. Dés maintenant, Jésus me protège. Il a donné ordre à ses anges de garder mes pieds du faux-pas. Il y a une manière chrétienne de juger l’injustice. Elle procède en trois temps : d’abord reconnaître que les choses pourraient être pires, et rendre grâce à Dieu pour le bien qu’il me fait. Ensuite tirer parti de l’épreuve pour grandir dans l’amour et la fidélité. Enfin combattre l’injustice avec les autres, pour que ce qui m’arrive n’écrase jamais plus les chétifs.
Par l’épreuve, Seigneur, donne-moi la force de me battre pour les autres et avec les autres.



* Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 20