Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi !
En toi je cherche refuge,
un refuge à l'ombre de tes ailes,
aussi longtemps que dure le malheur.

Je crie vers Dieu, le Très-Haut,
vers Dieu qui fera tout pour moi.
Du ciel, qu'il m'envoie le salut :
(mon adversaire a blasphémé !)
Que Dieu envoie son amour et sa vérité !

Je suis au milieu de lions
et gisant parmi des bêtes féroces ;
ils ont pour langue une arme tranchante,
pour dents, des lances et des flèches.

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !


Ils ont tendu un filet sous mes pas :
j'allais succomber.
Ils ont creusé un trou devant moi,
ils y sont tombés.

Mon coeur est prêt, mon Dieu,
mon coeur est prêt !
Je veux chanter, jouer des hymnes !

Éveille-toi, ma gloire !
Éveillez-vous, harpe, cithare,
que j'éveille l'aurore !

Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur,
et jouerai mes hymnes en tous pays.
Ton amour est plus grand que les cieux,
ta vérité, plus haute que les nues.

Dieu, lève-toi sur les cieux :
que ta gloire domine la terre !

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Il est drôle le psalmiste ! Plus il souffre, plus il aime Dieu. Plus il se sent persécuté, plus il voit monter en lui la clameur d’une grande louange vers Dieu. Signe indubitable tant de santé psychique que de pureté du cœur, il ne Lui en veut pas pour le mal qui lui arrive. Pas plus d’ailleurs qu’il n’en veut à ceux qui eux en veulent à sa vie. Il n’accuse pas. Ni Dieu, ni ses adversaires. Il n’a aucun mot de vengeance à la bouche. Il sait ce qu’il veut. Il veut vivre ! Face à ses adversaires, il ne lui faut pas haïr, mais agir. Agir, c’est-à-dire résister à leur force d’esprit : « Ils ont pour langue une arme tranchante, pour dents, des lances et des flèches. » Et surtout ne pas répondre à la haine par la haine. Leur triomphe serait garanti. Mais résister d’une force d’en haut, de lumière, de joie, d’Esprit Saint.

Une force qui ne peut qu’exciter la fureur des violents. D’autant plus qu’ils sont impuissants devant elle. Et leur fureur alors les destine à tomber tôt ou tard dans le trou qu’ils ont creusé pour lui. Voilà pourquoi il crie vers Dieu. Il n’attend pas de Lui le secours d’une légion d’anges guerriers, mais un esprit d’amour qui protège son âme : « Que Dieu envoie son amour et sa vérité. » Et cet esprit, nous savons qu’il l’a déjà reçu. Sa prière nous le dit. Ce qu’il demande à grands cris agit déjà en lui, à la source de sa prière.

Jésus, tu nous enseignes qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (*). Tu as donné ta vie pour nous. Tu veux que nous vivions nous aussi de cet amour.



* Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 13