Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Le Dieu des dieux, le Seigneur,
parle et convoque la terre
du soleil levant
jusqu'au soleil couchant.

De Sion, belle entre toutes,
Dieu resplendit.
Qu'il vienne, notre Dieu,
qu'il rompe son silence !

Devant lui, un feu qui dévore ;
autour de lui, éclate un ouragan.
Il convoque les hauteurs des cieux
et la terre au jugement de son peuple :

« Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d'un sacrifice mon
alliance. »
Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge c'est Dieu !

« Écoute, mon peuple, je parle ;
Israël, je te prends à témoin.
Moi, Dieu, je suis ton Dieu !

« Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi.
Je ne prendrai pas un seul taureau de ton domaine,
pas un bélier de tes enclos.

« Tout le gibier des forêts m'appartient
et le bétail des hauts pâturages.
Je connais tous les oiseaux des
montagnes ;
les bêtes des champs sont à moi.


« Si j'ai faim, irai-je te le dire ?
Le monde et sa richesse m'appartiennent.
Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?

« Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce,
accomplis tes voeux envers le Très-Haut.
Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »

Mais à l'impie, Dieu déclare :

« Qu'as-tu à réciter mes lois,
à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n'aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ?

« Si tu vois un voleur, tu fraternises,
tu es chez toi parmi les adultères ;
tu livres ta bouche au mal,
ta langue trame des mensonges.

« Tu t'assieds, tu diffames ton frère,
tu flétris le fils de ta mère.
Voilà ce que tu fais ;
garderai-je le silence ?

« Penses-tu que je suis comme toi ?
Je mets cela sous tes yeux, et je t'accuse.
Comprenez donc, vous qui oubliez Dieu :
sinon je frappe, et pas de recours !

« Qui offre le sacrifice d'action de grâce,
celui-là me rend gloire :
sur le chemin qu'il aura pris,
je lui ferai voir le salut de Dieu. »

Frères du 28

Méditation

Frères du 28

Offrir un sacrifice à Dieu, c'est, pour le peuple juif, entrer en communion avec lui. Mais la manière d'offrir un sacrifice révèle notre vision parfois étriquée de Dieu !
Nous pouvons ainsi offrir ainsi un sacrifice dans un but clairement intéressé, attendant de Dieu un bénéfice. Le sacrifice va nous permettre de marchander. C’est la logique du donnant-donnant, la logique d'une religion formaliste. En échange d'un sacrifice, une faveur! En échange de notre argent ou de notre temps, nous comptons bien que Dieu va satisfaire nos demandes.
Les prophètes ne se sont pas privés de le dire : Dieu a en dégoût ce genre de sacrifice car l'amour y est absent. Dans l'évangile de Marc, un scribe dit justement à Jésus: «  Aimer Dieu de tout son coeur, de toute son intelligence, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices. »

Il est toutefois un sacrifice – celui d'action de grâce- que nous sommes invités à vivre. Puisque Dieu nous aime le premier, nous voulons lui exprimer notre reconnaissance, notre action de grâce: « Merci !». Pour ce qu'il est, pour ce qu'il donne. Parce qu'il est avec nous et que nous reconnaissons sa présence, lui qui traverse avec nous les joies et les difficultés de notre vie.
Et la meilleure façon d'offrir un sacrifice d'action de grâce, c'est de s'offrir soi-même: « Tu ne demandais ni holocauste, ni victime. Alors j'ai dit « Voici, je viens ».Voilà le chemin qui nous est proposé, chacun à notre mesure: Suivre le Christ qui par amour s'est donné lui-même.