Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Il est grand, le Seigneur, hautement loué,
dans la ville de notre Dieu,
sa sainte montagne, altière et belle,
joie de toute la terre.

La montagne de Sion, c'est le pôle du monde,
la cité du grand roi ;
Dieu se révèle, en ses palais,
vraie citadelle.

Voici que des rois s'étaient ligués,
Ils avançaient tous ensemble ;
ils ont vu, et soudain stupéfaits,
pris de panique, ils ont fui.

Et voilà qu'un tremblement les saisit :
douleurs de femme qui accouche ;
un vent qui souffle du désert
a brisé les vaisseaux de Tarsis.

Nous l'avions entendu, nous l'avons vu
dans la ville du Seigneur, Dieu de l'univers,
dans la ville de Dieu, notre Dieu
qui l'affermira pour toujours.


Dieu, nous revivons ton amour
au milieu de ton temple.
Ta louange, comme ton nom,
couvre l'étendue de la terre.

Ta main droite qui donne la victoire
réjouit la montagne de Sion ;
les villes de Juda exultent
devant tes jugements.

Longez les remparts de Sion,
comptez ses tours ;
que vos coeurs s'éprennent de ses murs :
contemplez ses palais.

Et vous direz aux âges qui viendront :
« Ce Dieu est notre Dieu,
pour toujours et à jamais,
notre guide pour les siècles. »

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

Le pôle du monde

Il faut bien s’orienter d’une manière ou d’une autre pour marcher dans la brume ou la nuit.

Jérusalem, dit-on, fut construite au lieu où Abraham s’en fut sacrifier son fils. Mais au moment du sacrifice, Dieu prend la place, et c’est Jésus qui mourut là, un peu à côté, hors les murs.

C’est le pôle du monde et le pôle du temps.
Le centre du monde, le cœur du temps.
Dont l’axe, le pivot, est la croix, où tout bascule.
La croix comme un trône pour notre roi.
Dieu le très haut s’y est affaissé du côté des coupables, entre deux pauvres types.
Les coordonnées du monde en sont complètement inversées.

C’est ainsi que Dieu s’entrace en nous. Coupable et maudit avec les bandits et les coupables, afin qu’ils soient saufs de la malédiction et de la faute.
Avec nous pauvre, avec nous seul.
Et nous avec lui, affermis.
Avec lui, princes et rois.


Il nous faut désormais régner, goûter à cette liberté du dedans qui ne se déploie que dans l’assurance de ceux qui se savent de sang royal, héritiers du royaume, fils.

Fils, sûrs de ce que personne ne peut nous déchoir de ce rang. Sûrs aussi que tout homme est fils, et prince. Que tout homme est Grand malgré sa misère, grand même au cœur de sa misère. Capable du meilleur, même s’il a commis le pire.

Fils, héritiers d’un royaume de liberté, où les princes marchent peut-être pieds nus, mais tête haute.
Un royaume fait de mendiants qui donnent, tous fils d’un Dieu mendiant qui frappe de son sceptre nos portes et mendie notre présence comme un quignon de pain.