Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Dieu est pour nous refuge et force,
secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée,
si les montagnes s'effondrent au creux de la mer ;
ses flots peuvent mugir et s'enfler,
les montagnes, trembler dans la tempête :

R/ Il est avec nous,
le Seigneur de l'univers ;
citadelle pour nous,
le Dieu de Jacob !

Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu,
la plus sainte des demeures du Très-Haut.
Dieu s'y tient : elle est inébranlable ;
quand renaît le matin, Dieu la secourt.
Des peuples mugissent, des règnes s'effondrent ;
quand sa voix retentit, la terre se défait.


R/ Il est avec nous,
le Seigneur de l'univers ;
citadelle pour nous,
le Dieu de Jacob !

Venez et voyez les actes du Seigneur,
comme il couvre de ruines la terre.
Il détruit la guerre jusqu'au bout du monde,
il casse les arcs, brise les lances, incendie les chars :
« Arrêtez ! Sachez que je suis Dieu.
Je domine les nations, je domine la terre. »

R/ Il est avec nous,
le Seigneur de l'univers ;
citadelle pour nous,
le Dieu de Jacob !

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Il faut au feu le feu, pour détruire son œuvre. On voit l’été dans les forêts les pompiers allumer des brasiers pour contrer de leurs flammes d’autres flammes rageuses. Parfois seule la violence contraint la violence. Pour les hommes, bien sûr, le jeu est bien risqué.
Car la violence a pour elle d’enivrer les puissants.
Mais Dieu domine jusque la violence. Et sa puissance infinie aura raison de tout. Elle se déverse déjà dans le cœur de ceux qui sans relâche œuvrent pour la paix. On sait la force de ces humbles. Tout s’effondre alentour et ils restent debout. Il y a toujours plus de force dans celui qui s’abstient de frapper que chez celui qui frappe. Dieu, qui est la force même, ne l’exhibe jamais plus que sur la croix.

Lorsque tous l’exhortent à agir, lui s’abstient. Suspendu au gibet il suspend sa puissance.
Tout s’effondre autour du Crucifié et il tient car il sait : « Il est avec nous le Seigneur de l’univers. » Puis Jésus dit : « En tes mains je remets mon esprit » et les mains du Père, à cet instant, lui ouvrent son Royaume, sa citadelle, la ville forte, la Jérusalem céleste où tous nous ferons un.
Cette citadelle, pas plus que Jésus, nous ne la prendrons de force. Pourtant il faudra nous faire violence : choisir d’aimer, quoiqu’il en coûte, et le silence pour réponse à ceux qui veulent détruire. Oui, nous sommes à notre place, en pleine tourmente du monde. Tout chavire et bascule ? Dieu est avec nous ! Rien ne l’emportera, si ce n’est son amour.