Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

D'heureuses paroles jaillissent de mon coeur
quand je dis mes poèmes pour le roi
d'une langue aussi vive que la plume du scribe !

Tu es beau, comme aucun des enfants de l'homme,
la grâce est répandue sur tes lèvres :
oui, Dieu te bénit pour toujours.

Guerrier valeureux, porte l'épée de noblesse et d'honneur !
Ton honneur, c'est de courir au combat
pour la justice, la clémence et la vérité.

Ta main jettera la stupeur, les flèches qui déchirent ;
sous tes coups, les peuples s'abattront,
les ennemis du roi, frappés en plein coeur.

Ton trône est divin, un trône éternel ;
ton sceptre royal est sceptre de droiture :
tu aimes la justice, tu réprouves le mal.

Oui, Dieu, ton Dieu, t'a consacré
d'une onction de joie, comme aucun de tes semblables ;
la myrrhe et l'aloès parfument ton vêtement.


Des palais d'ivoire, la musique t'enchante.
Parmi tes bien-aimées sont des filles de roi ;
à ta droite, la préférée, sous les ors d'Ophir.

Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là dans sa gloire,
vêtue d'étoffes d'or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

A la place de tes pères se lèveront tes fils ;
sur toute la terre tu feras d'eux des princes.

Je ferai vivre ton nom pour les âges des âges :
que les peuples te rendent grâce, toujours, à jamais !

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

La vivacité d’une plume de scribe. L’épée de noblesse et d’honneur. Une fille de roi. Le plus beau des enfants des hommes. Un sceptre de droiture. Un trône éternel. Ivoire, or, parfums. Une onction de joie ! Les symboles de la beauté et de la noblesse se bousculent dans ce psaume. Mais pour célébrer qui ? Quel homme, quelle femme ? Un prince de sang ? Une princesse de haut rang ? Quelque grand personnage de l’histoire, promis à un destin fameux ? Non ! Ni prince, ni princesse, ni chevalier, ni scribe, ni aucun autre membre d’une élite sociale, bien séparée et protégée de la masse des hommes ordinaires, le psaume célèbre la gloire paradoxale du plus simple des hommes lorsqu’un jour, à l’appel de son Créateur, qui a mis en lui Son image, il se lève pour entrer dans la condition des fils. « À la place de tes pères se lèveront tes fils ! » Renversant la conception patriarcale du lien entre les générations humaines, récusant la domination des pères sur des enfants contraints à vivre dans la soumission, le psaume proclame l’immense dignité des enfants de Dieu : « Je ferai d’eux des princes. » Il dévoile ce que signifie vraiment être fils et fille, quand on a Dieu pour Père.

C’est par toi Jésus-Christ que l’espérance du psalmiste s’est accomplie pour nous. Toi le fils premier-né d’une race de fils, tu nous apprends à prier Notre Père céleste. Tu veux nous révéler la sainteté de Sa manière unique d’être Père. Ta joie, c’est que nous vivions debout, en héritiers de la vie éternelle.