Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Dieu, nous avons entendu dire,
et nos pères nous ont raconté,
quelle action tu accomplis de leur temps,
aux jours d'autrefois.

Toi, par ta main, tu as dépossédé les nations,
et ils purent s'implanter ;
tu as malmené des peuplades,
et ils purent s'étendre.

Ce n'était pas leur épée qui possédait le pays,
ni leur bras qui les rendait vainqueurs,
mais ta droite et ton bras, et la lumière de ta face,
car tu les aimais.

Toi, Dieu, tu es mon roi,
tu décides des victoires de Jacob :
avec toi, nous battions nos ennemis ;
par ton nom, nous écrasions nos adversaires.

Ce n'est pas sur mon arme que je compte,
ni sur mon épée, pour la victoire.
Tu nous as donné de vaincre l'adversaire,
tu as couvert notre ennemi de honte.

Dieu était notre louange, tout le jour :
sans cesse nous rendions grâce à ton nom.

Maintenant, tu nous humilies, tu nous rejettes,
tu ne sors plus avec nos armées.
Tu nous fais plier devant l'adversaire,
et nos ennemis emportent le butin.

Tu nous traites en bétail de boucherie,
tu nous disperses parmi les nations.
Tu vends ton peuple à vil prix,
sans que tu gagnes à ce marché.


Tu nous exposes aux sarcasmes des voisins,
aux rires, aux moqueries de l'entourage.
Tu fais de nous la fable des nations ;
les étrangers haussent les épaules.

Tout le jour, ma déchéance est devant moi,
la honte couvre mon visage,
sous les sarcasmes et les cris de blasphème,
sous les yeux de l'ennemi qui se venge.

Tout cela est venu sur nous
sans que nous t'ayons oublié :
nous n'avions pas trahi ton alliance.

Notre coeur ne s'était pas détourné
et nos pieds n'avaient pas quitté ton chemin
quand tu nous poussais au milieu des chacals
et nous couvrais de l'ombre de la mort.

Si nous avions oublié le nom de notre Dieu,
tendu les mains vers un dieu étranger,
Dieu ne l'eût-il pas découvert,
lui qui connaît le fond des coeurs ?
C'est pour toi qu'on nous massacre sans arrêt,
qu'on nous traite en bétail d'abattoir.

Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ?
Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours.
Pourquoi détourner ta face,
oublier notre malheur, notre misère ?

Oui, nous mordons la poussière,
notre ventre colle à la terre.
Debout ! Viens à notre aide !
Rachète-nous, au nom de ton amour.

Frères du 28

Méditation

Frères du 28

« Allons, il faut que tu t’expliques, Dieu, Toi envers qui j’ai été fidèle. Pourquoi tolères-tu l’humiliation que je subis aujourd’hui ? M’as-tu oublié ?
Ton peuple se souvient de tes hauts faits, des victoires qu’il a remportées, non pas grâce à la supériorité de son armement, mais bien parce que tu étais là. C’est Toi qui décides des victoires de Jacob. C’est par Ton Nom que nous « écrasions nos adversaires ».
En ces temps dont nous évoquons la mémoire avec nostalgie, le monde tournait rond, tu nous aimais, tu « couvrais nos ennemis de honte » et nous célébrions ta louange ! Aujourd’hui, rien ne va plus, le monde tourne à l’envers. Le rejet, l’humiliation, la déchéance dont nous sommes les victimes, les sarcasmes, les moqueries de l’entourage, nous n’en pouvons plus, il faut que ça s’arrête !
Oui, il faut que ça s’arrête parce que « c’est pour toi qu’on nous massacre sans arrêt, qu’on nous traite en bétail d’abattoir » A cause de positions courageuses prises au nom de la justice, de la fraternité, au nom de notre foi au Jésus de l’Evangile, beaucoup – ceux qui se battent pour la dignité au travail, avec les migrants de Calais, avec les chômeurs, ceux qui partent à l’autre bout du monde offrir leurs services ou aident leur voisin âgé en lui apportant la soupe quotidienne- beaucoup sont en butte aux sarcasmes des esprits forts, ou à des procès d’intention venimeux  !
Alors, les paroles du psaume sont les nôtres: «  Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu Seigneur ! Nous touchons la poussière,  notre ventre colle à la terre ; Debout ! Viens à notre aide !