Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Heureux qui pense au pauvre et au faible :
le Seigneur le sauve au jour du malheur !
Il le protège et le garde en vie, heureux sur la terre.
Seigneur, ne le livre pas à la merci de l'ennemi !
Le Seigneur le soutient sur son lit de souffrance :
si malade qu'il soit, tu le relèves.
J'avais dit : « Pitié pour moi, Seigneur,
guéris-moi, car j'ai péché contre toi ! »
Mes ennemis me condamnent déjà :
« Quand sera-t-il mort ? son nom, effacé ? »
Si quelqu'un vient me voir, ses propos sont vides ;
il emplit son coeur de pensées méchantes,
il sort, et dans la rue il parle.


Unis contre moi, mes ennemis murmurent
à mon sujet, ils présagent le pire ;
« C'est un mal pernicieux qui le ronge ;
le voilà couché, il ne pourra plus se lever. »
Même l'ami, qui avait ma confiance
et partageait mon pain, m'a frappé du talon.

Mais toi, Seigneur, prends pitié de moi ;
relève-moi, je leur rendrai ce qu'ils méritent.
Oui, je saurai que tu m'aimes
si mes ennemis ne chantent pas victoire.
Dans mon innocence tu m'as soutenu
et rétabli pour toujours devant ta face.

Béni soit le Seigneur,
Dieu d'Israël,
depuis toujours et pour toujours !
Amen ! Amen

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Oui, à la longue, on le découvre avec amertume : on ne peut avoir confiance qu’en Dieu. Les amis sur qui on compte vous abandonne quand vous êtes malade ou en prison. Qui de nous n’a fait l’expérience de la déception ou de la trahison ? Qui de nous n’a été blessé par celui qu’il appelait son ami et qui s’est rangé dans le camp des adversaires qui ricanent ou des profiteurs qui exploitent ? Nous ne sommes pas plus grands que le maître. Jésus à l’heure décisive est abandonné par ses amis, trahi par un apôtre, conspué et violenté par la foule qui l’acclamait hier…

Quand tous sont partis, quand l’obscurité gagne, quand la solitude glace le sang de l’âme, le Seigneur est là, silencieux, fidèle, debout à côté de nous, la main sur notre épaule. Celui qui dans sa peine a senti la présence de l’ami divin ne l’oubliera jamais. À chaque homme, on souhaite qu’il puisse confesser : « Je ne me suis jamais senti seul, Dieu était là dans le pire désarroi. » On demanda à Louis de Funès : « Pour vous, qui est Jésus-Christ ? », il répondit : « Jésus- Christ est le merveilleux compagnon de chaque instant de ma vie. » Même quand l’ami nous abandonne, une ombre hospitalière rôde : le merveilleux compagnon est là à chaque instant.