Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Quand je crie, réponds-moi,
Dieu, ma justice !

Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière !

Fils des hommes,
jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire,
l'amour du néant et la course au mensonge ?

Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle,
le Seigneur entend quand je crie vers lui.

Mais vous, tremblez, ne péchez pas ;
réfléchissez dans le secret, faites silence.


Offrez les offrandes justes
et faites confiance au Seigneur.

Beaucoup demandent :
« Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !

Tu mets dans mon coeur plus de joie
que toutes leurs vendanges et leurs moissons.

Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

Le bonheur ? Puis-je même encore y croire ?
Trop de douleurs, trop d’angoisses, trop d’abîmes habitent ma vie et celle de ceux que j’aime, du monde que j’aime. Celui qui promet le bonheur ne peut-il alors être qu’un de ces charlatans, vendeurs du temple moderne ?
Mais alors comment rester en vie aux heures de chagrins ? quand mon corps et mon cœur flanchent ?

«  Quand je crie, réponds-moi, Toi qui me libères dans la détresse. » (*)

Mon Dieu, serait-ce toi  qui peux me faire traverser les ombres de la mort, me donner de croire, malgré tout. Il est parfois si violent ce « malgré tout », que seul un filet de lumière ou d’eau vive peut se frayer un chemin.

Comme celui à l’heure de ta mort, quand une lance ennemie a transpercé ton côté. De l’eau et du sang jaillirent et n’ont pas cessé depuis. Puissances de vie - malgré la mort - pour étancher nos soifs et nous retourner doucement vers le jour.

Croire alors en ta joie. Celle qui ne s’oppose plus au chagrin, au non-sens. Un tressaillement. Celui de l’amitié, de la fraîcheur d’un matin, de la tendresse d’un visage, du goût des petits riens ordinaires. Furtif, mais charnel. Lentement, aimer ma vie, telle qu’elle est car le Père l’aime, lui, sans attendre. Choisir alors de ne rien garder pour moi seule, ni la peur, ni les peines, ni le goût des vivants ou la timide espérance d’être aimée. Visitation secrète d’un Dieu qui a décidé de ne jamais nous délaisser. Sentir la vie, au risque d’en souffrir.



* verset 2