Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

C'est le péché qui parle
au coeur de l'impie ;
ses yeux ne voient pas
que Dieu est terrible.

Il se voit d'un oeil trop flatteur
pour trouver et haïr sa faute ;
il n'a que ruse et fraude à la bouche,
il a perdu le sens du bien.

Il prépare en secret ses mauvais coups.
La route qu'il suit n'est pas celle du bien ;
il ne renonce pas au mal.

Dans les cieux, Seigneur, ton amour ;
jusqu'aux nues, ta vérité !
Ta justice, une haute montagne ;
tes jugements, le grand abîme !


Tu sauves, Seigneur, l'homme et les bêtes :
qu'il est précieux ton amour, ô mon Dieu !

A l'ombre de tes ailes, tu abrites les hommes :
ils savourent les festins de ta maison ;
aux torrents du paradis, tu les abreuves.

En toi est la source de vie ;
par ta lumière nous voyons la lumière.

Garde ton amour à ceux qui t'ont connu,
ta justice à tous les hommes droits.

Que l'orgueilleux n'entre pas chez moi,
que l'impie ne me jette pas dehors !

Voyez : ils sont tombés, les malfaisants ;
abattus, ils ne pourront se relever.

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Comment croire que l’homme seul est sauvé ? Dieu a tout créé, même le moustique ! Il est le Dieu des astres et des trous noirs, il est le Dieu de toutes les créatures, de la libellule et du marsupilami, du dinosaure fossilisé et de la bactérie pleine de cils, de la cascade et des coquelicots, du caniche et de l’hippocampe, de la mie de pain et du parfum des lavandes. Ce qu’il a créé, il veut le sauver. Dieu sauve l’homme et les bêtes. Il a déjà sauvé les animaux du déluge au même titre que les hommes. Il les sauve parce qu’il aime ce qu’il a créé. Il les sauve parce que leur beauté et leur singularité traduit son génie créateur. Il les sauve parce qu’elles contribuent à notre salut. Les bêtes élargissent parfois notre cœur. La preuve : notre voisine, cette vieille chipie, qui ne nous adresse jamais la parole, se laisse attendrir par Tarzan, notre chiot labrador.


Aucun des liens d’amour noués sur cette terre ne sera brisé au ciel. C’est pourquoi l’amour que nous portons aux bêtes, mais aussi la tendresse du gros matou, la fidélité du chien d’aveugle, la générosité du dauphin, le courage de l’âne ne sont pas perdus. L’œuvre de Salut de Dieu n’est pas mesquine. Elle englobe tout, les galaxies et les coccinelles, les hommes et les baleines à bosse. Ouvrons nos yeux pour voir l’œuvre de Dieu rayonner au bout du brin d’herbe, dans l’odeur des orangeraies, dans le rire du chimpanzé. Que chaque montagne enneigée, chaque sauterelle guillerette, chaque vache philosophe chantent avec nous la gloire de Dieu.