Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L'ange du Seigneur campe à l'entour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Saints du Seigneur, adorez-le :
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ;
qui cherche le Seigneur
ne manquera d'aucun bien.

Venez, mes fils, écoutez-moi,
que je vous enseigne la crainte du Seigneur.
Qui donc aime la vie
et désire les jours où il verra le bonheur ?


Garde ta langue du mal
et tes lèvres des paroles perfides.
Évite le mal, fais ce qui est bien,
poursuis la paix, recherche-la.

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du coeur brisé,
il sauve l'esprit abattu.

Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ;
ils seront châtiés d'avoir haï le juste.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment
pour qui trouve en lui son refuge.

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

À quoi pense le psalmiste ? La prière qu’il murmure en secret aurait de quoi réjouir un cœur de pauvre ? Et qui est-il ce pauvre ? Qui ? Sinon le petit parmi nous, celui qui vit sans pouvoir sur les autres et qui est sans cesse exposé à la violence des injustes, à la merci des puissants. Mais un petit, un pauvre, celui qui n’a rien à lui, de quoi peut-il bien se réjouir ? De tout bien ! De tout ce qu’il reçoit de bon et qui lui fait aimer la vie. De mille petites choses, qui lui font traverser les épreuves du quotidien, porté par l’espérance. Il se réjouit du pain comme de l’amitié partagés. Dans la foule des visages déformés par le trouble des passions humaines, faces d’ombre que fuit la joie, le pauvre se réjouit à la vue d’un visage ouvert, qui lui sourit.

Un simple sourire, un instant, a pour lui l’éclat du Ciel : « Qui regarde vers lui resplendira sans ombre, ni trouble au visage. » Le pauvre se réjouit chaque fois que son chemin croise les pas d’un homme qui ne l’écarte pas avec mépris. Signe que cet homme-là ne place pas sa gloire en lui-même, mais en Dieu, père des pauvres. Il se réjouit au sortir d’un péril. Pas un os brisé ! Il se réjouit de pouvoir se glisser dans l’enclos du Seigneur, sous la protection de son ange. Il se réjouit de la déroute des méchants et de la délivrance du juste.

Jésus, en ta Passion tu as pris la place du pauvre, tu t’es laissé broyer par les pouvoirs de ce monde. Par l’enseignement de ta Passion, fais-nous aimer le pauvre, le petit, en nous et chez nos frères humains.