Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Seigneur, qu'ils sont nombreux mes adversaires,
nombreux à se lever contre moi,
nombreux à déclarer à mon sujet :
« Pour lui, pas de salut auprès de Dieu ! »

Mais toi, Seigneur, mon bouclier,
ma gloire, tu tiens haute ma tête.
A pleine voix je crie vers le Seigneur ;
il me répond de sa montagne sainte.

Et moi, je me couche et je dors ;
je m'éveille : le Seigneur est mon soutien.
Je ne crains pas ce peuple nombreux
qui me cerne et s'avance contre moi.

Lève-toi, Seigneur !
Sauve-moi, mon Dieu !
Tous mes ennemis, tu les frappes à la mâchoire;
les méchants, tu leur brises les dents.

Du Seigneur vient le salut ;
vienne ta bénédiction sur ton peuple !


Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

Tête haute

Il faut beaucoup de temps pour relever la tête,
quand on a dû longtemps marcher les yeux baissés.

Lorsque Dieu façonna le monde, et chaque tulipe, et chaque brin d’herbe, la poule et le lapin,
Lorsqu’il jardina dans le premier jardin,
Il fit ramper le serpent, mais Il pétrit l’homme vertical.
Comme un arbre planté au milieu du jardin, Il fit haute sa tête.
La vache qui broute, en attendant son train,
et le mouton, en attendant son abattoir, peuvent-ils en dire autant ?

Il suffisait à l’homme pour tenir sa tête à bonne hauteur,
de regarder un petit peu au-dessus de l’autre homme, comme s’il était plus grand.

Mais Adam a lorgné du côté du serpent, Caïn jaloux a dévisagé Abel, les frères de Joseph ont pris son regard de hauteur pour de la condescendance, et le peuple s’est retrouvé à porter des monceaux de briques, à courber l’échine comme de pauvres mules, et à baisser le front.


Il faut beaucoup de temps pour relever la tête,
quand on a dû longtemps marcher les yeux baissés.

Mais c’est fini, Seigneur, tu tiens haute ma tête. Tu la relèves, tu me redresses.

Puisque l’homme ne savait pas tenir les yeux levés, tu t’es incliné plus bas que nous, afin que même les yeux baissés, nous puissions te rencontrer.
Dans le monde, les princes marchent la tête haute, tandis que les pauvres gens n’ont personne pour porter leurs bagages. Mais, toi, Ô Christ, tu es un roi qui porte nos valises et nos boulets.

Jusqu’au bout.

Et tu nous as appris à redresser la tête.
Car par toi nous sommes libres, et princes, avec toi.

Seigneur, tu tiens haute ma tête.
Je tiens debout car tu me tiens.
Béni sois-tu !