Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Je t'exalte, Seigneur : tu m'as relevé,
tu m'épargnes les rires de l'ennemi.

Quand j'ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m'as guéri ;
Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.

Sa colère ne dure qu'un instant,
sa bonté, toute la vie ;
avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie.

Dans mon bonheur, je disais :
Rien, jamais, ne m'ébranlera !

Dans ta bonté, Seigneur, tu m'avais fortifié
sur ma puissante montagne ;
pourtant, tu m'as caché ta face
et je fus épouvanté.


Et j'ai crié vers toi, Seigneur,
j'ai supplié mon Dieu :

« A quoi te servirait mon sang
si je descendais dans la tombe ?
La poussière peut-elle te rendre grâce
et proclamer ta fidélité ?

Écoute, Seigneur, pitié pour moi !
Seigneur, viens à mon aide ! »

Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie.

Que mon coeur ne se taise pas,
qu'il soit en fête pour toi,
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Comment est-ce possible ? Dieu va-t-il venir pour tout effacer, la peine, la douleur, le chagrin, la maladie, le deuil, les larmes ? La solitude et la tristesse quand on vient de perdre celui ou celle qu’on aimait, qui pourra les transformer en fête ? Dieu est-il capable de me consoler ?
Le premier signe de Dieu dans le monde, ce fut l’arc-en-ciel après le déluge. Oui, le soleil peut percer les nuages. C’est ça la foi : croire que Dieu peut nous ressusciter. La foi est folle. C’est ça l’espérance : croire que Dieu peut consoler notre immense peine. L’espérance est insensée. C’est ça l’amour : croire que Dieu nous aime tant qu’il vient mourir avec nous pour nous ressusciter avec lui.
Marthe se jette aux pieds de Jésus : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère Lazare, ton ami ne serait pas mort.

Mais je sais que maintenant encore Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas. Je le crois tu es le fils de Dieu. Alors Jesus s'approche du tombeau et crie : « Lazare, viens dehors ! » (**) Et Lazare déchire les bandelettes. Il se met debout, il sort du tombeau. Notre vie est faite de mille morts, les déceptions, les lassitudes, les rêves vains, l’usure du quotidien, la fatigue, les soucis. À chacun de nous Jésus dit : Mon ami, mon frère, mets-toi debout et viens dehors. Arrache les bandelettes de la fatalité. Choisis la vie (***). La vie âpre, la vie rude, la vie débordante. Je suis la Vie bouillonnante. Bien sûr il y a des abandons difficiles, des pertes apparemment irréparables. Mais la mort n’aura pas le dernier mot. Il y a un temps pour tout : un temps pour pleurer, un temps pour être consolé (****). La vie est un don à chaque seconde offert à nouveau par Dieu. Et la joie accompagne le maître de la vie.




* Évangile selon saint Jean,
chapitre 11, versets 21-22 et 27
** verset 43
*** Voir le livre du Deutéronome,
chapitre 30, verset 15
**** voir l'écclésiaste, chapitre 3