Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Rendez au Seigneur, vous, les dieux,
rendez au Seigneur gloire et puissance.

Rendez au Seigneur la gloire de son nom,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté.

La voix du Seigneur domine les eaux,
le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre,
le Seigneur domine la masse des eaux.

Voix du Seigneur dans sa force,
voix du Seigneur qui éblouit,
voix du Seigneur : elle casse les cèdres.

Le Seigneur fracasse les cèdres du Liban ;
il fait bondir comme un poulain le Liban,
le Sirion, comme un jeune taureau.


Voix du Seigneur : elle taille des lames de feu ;
voix du Seigneur : elle épouvante le désert ;
le Seigneur épouvante le désert de Cadès.

Voix du Seigneur qui affole les biches en travail,
qui ravage les forêts.
Et tous dans son temple s'écrient :
« Gloire ! »

Au déluge le Seigneur a siégé ;
il siège, le Seigneur, il est roi pour toujours !

Le Seigneur accorde à son peuple la puissance,
le Seigneur bénit son peuple
en lui donnant la paix.

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Ce soir, le vent d’un coup s’est levé. Un vent terrible, personne dans la rue ; la nature, quelque temps, a repris ses droits. Comment ? L’homme serait-il encore soumis à une puissance ?
C’en est fini, le temps d’une tempête, de nos rêves naïfs. Qui arrêterait le vent ? Bien des choses comme lui nous échapperont toujours. Le vent souffle, et l’homme reprend sa place : il n’est plus dieu, il n’est qu’un homme. Un homme, c’est déjà bien ! Un homme, avec sa tête, son cœur et toute sa science. Un homme qui pense et qui invente. Quel génie dans cet homme, que Dieu a daigné faire. Et ce soir, pourtant, il semble si petit.
L’entendez-vous ? Le Roi visite son bien : A moi, cet arbre qui plie sous la bourrasque, à moi ce rocher qui frémit sous mon souffle, à moi la mer démontée par le vent ; à moi ces bêtes tapies dans leurs tanières, à moi ces hommes réfugiés chez eux.

Le vent souffle, inquiétant. Car Dieu est inconnu, bien mystérieux parfois. Dans ses mains toute puissantes, il tient tout l’univers. Alors quoi, vais-je fléchir moi aussi sous ce vent ? Vais-je m’épouvanter de ce Dieu téméraire ?
Non. Je le prie, ce soir dans la tempête. Car ce Dieu si terrible s’est approché de moi. Il est là dans mon cœur comme une brise légère Celui qui au-dehors donne toute sa voix. Je l’adore, debout, ce grand Dieu des puissances : plus fort que les bêtes, plus fort que les hommes, mais plus fort surtout que la mort et sa loi. Puissant comme l’amour, superbe, comme la vie.