Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Seigneur, mon rocher, c'est toi que
j'appelle :
ne reste pas sans me répondre,
car si tu gardais le silence,
je m'en irais, moi aussi, vers la tombe.

Entends la voix de ma prière
quand je crie vers toi,
quand j'élève les mains
vers le Saint des Saints !

Ne me traîne pas chez les impies,
chez les hommes criminels ;
à leurs voisins ils parlent de paix
quand le mal est dans leur coeur.

Traite-les d'après leurs actes
et selon leurs méfaits ;
traite-les d'après leurs oeuvres,
rends-leur ce qu'ils méritent.


Ils n'ont compris ni l'action du Seigneur
ni l'oeuvre de ses mains ;
que Dieu les renverse
et jamais ne les relève !

Béni soit le Seigneur
qui entend la voix de ma prière !

Le Seigneur est ma force et mon rempart ;
à lui, mon coeur fait confiance :
il m'a guéri, ma chair a refleuri,
mes chants lui rendent grâce.

Le Seigneur est la force de son peuple,
le refuge et le salut de son messie.
Sauve ton peuple, bénis ton héritage,
veille sur lui, porte-le toujours.

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Serrer une main. Tendre la main. Lever la main. Fermer la main. Ouvrir la main. Agiter une main. Écarter les mains. Applaudir des deux mains ! Nos corps peuvent parler en de multiples signes. Mais par les mains se montre en toute simplicité ce que nos corps savent si bien cacher d’habitude, par prudence, au secret de nos âmes. Ils osent un instant rendre visibles à fleur de peau nos états d’âme. C’est pourquoi la prière sollicite le langage des mains. Le psalmiste prie en élevant les mains vers le Saint des Saints. Il faut beaucoup de mots pour traduire un tel geste. Il manifeste le respect. Il exprime le désir d’une bénédiction en retour. Surgi du plus haut désir de vie, un tel geste ne ment pas. Il dit la paix, il appelle la paix, il fait la paix.

Mais ceux qui discourent sur la paix et ne la font pas « n’ont compris ni l’action du Seigneur ni l’œuvre de ses mains. » Ceux « qui parlent de paix, quand le mal est dans leur cœur » n’ont pas idée de l’un de ces moments prodigieux où la violence s’arrête, interdite, sur la foi d’un simple signe, le signe de la paix. Et quel plus beau signe de paix adressé à un homme, un adversaire, que le vis-à-vis d’une main dressée vers le Ciel, imposée à distance, sensible, au regard étonné.

Mains ouvertes sur le bois de la Croix, Jésus trace pour nous le signe de la paix. Il dit le non-sens de tous ces murs faits de haine qui divisent l’humanité en factions adverses. Il rend présente dès ici-bas l’immense paix de Dieu, au-delà de tous les conflits de ce temps.