Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Seigneur, rends-moi justice :
j'ai marché sans faillir.
Je m'appuie sur le Seigneur,
et ne faiblirai pas.
Éprouve-moi, Seigneur, scrute-moi,
passe au feu mes reins et mon coeur.

J'ai devant les yeux ton amour,
je marche selon ta vérité.
Je ne m'assieds pas chez l'imposteur,
je n'entre pas chez l'hypocrite.
L'assemblée des méchants, je la hais,
je me m'assieds pas chez les impies.

Je lave mes mains en signe d'innocence
pour approcher de ton autel, Seigneur,
pour dire à pleine voix l'action de grâce
et rappeler toutes tes merveilles.
Seigneur, j'aime la maison que tu habites,
le lieu où demeure ta gloire.


Ne m'inflige pas le sort des pécheurs,
le destin de ceux qui versent le sang :
ils ont dans les mains la corruption ;
leur droite est pleine de profits.

Oui, j'ai marché sans faillir :
libère-moi ! prends pitié de moi !
Sous mes pieds le terrain est sûr ;
dans l'assemblée je bénirai le Seigneur.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

La maison : oikos en grec, l’habitat mais encore la famille, le « chez soi ». Salomon veut construire un temple pour le Seigneur : la Bible raconte cette construction somptuaire, à grand renfort d’ouvriers et de matériaux rares (*). Non une maison, mais un palace, qui rend la présence de Dieu inaccessible, lointaine. Tout l’inverse d’Abraham, Père des croyants. Lui qui quitta son pays d’Ur en Chaldée, puis celui d’Harân, pour habiter de tente en tente vers la terre que Dieu lui avait promise. Tente où Dieu vient à lui, le visite, jusqu’en ce jour où trois voyageurs s’arrêtent près des chênes de Mambré (**). Là, ils annoncent à Sara qu’elle va avoir un fils, elle la « stérile » (***). Dieu annonce l’inouï de la vie, de sa proximité, de son souci pour l’homme, près d’une simple tente, demeure itinérante, provisoire, où il veille sur nous et sur notre avenir.


La maison de Dieu, c’est un lieu à portée d’existence, à hauteur d’homme. Car Il habite là où nous sommes. La maison du Seigneur est celle de l’homme qui fait de la place pour son Dieu. « Dans la maison du Seigneur, je compte pour toujours et à jamais sur la tendresse de mon Dieu » (****). Me revient cette parole de Madeleine Delbrêl : « La maison c’est là où quelqu’un habite, qu’on rencontre dans le quartier. C’est quelqu’un qui est toujours là. »



* premier livre des Rois, chapitre 5, versets 19-20
** livre de la Genèse, chapitre 18
*** chapitre 16, verset 2
**** psaume 52, verset 10