Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Vers toi, Seigneur, j'élève mon âme,
vers toi, mon Dieu.

Je m'appuie sur toi : épargne-moi la honte ;
ne laisse pas triompher mon ennemi.
Pour qui espère en toi, pas de honte,
mais honte et déception pour qui trahit.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

C'est toi que j'espère tout le jour
en raison de ta bonté, Seigneur.
Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de
ma jeunesse;
dans ton amour, ne m'oublie pas.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
A cause de ton nom, Seigneur,
pardonne ma faute : elle est grande.


Est-il un homme qui craigne le Seigneur ?
Dieu lui montre le chemin qu'il doit prendre.
Son âme habitera le bonheur,
ses descendants posséderont la terre.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.

J'ai les yeux tournés vers le Seigneur :
il tirera mes pieds du filet.
Regarde, et prends pitié de moi,
de moi qui suis seul et misérable.

L'angoisse grandit dans mon coeur :
tire-moi de ma détresse.
Vois ma misère et ma peine,
enlève tous mes péchés.

Vois mes ennemis si nombreux,
la haine violente qu'ils me portent.
Garde mon âme, délivre-moi ;
je m'abrite en toi : épargne-moi la honte.
Droiture et perfection veillent sur moi,
sur moi qui t'espère !

Libère Israël, ô mon Dieu,
de toutes ses angoisses !

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

La honte

La honte est une misère grise et sournoise Elle insinue à qui se trouve pris en son filet qu’il eut mieux valu pour lui ne pas être né.
Celui qui se tient sous la domination de la honte éprouve un sentiment de salissure, quelque chose de collant qui le retient au sol, le nez dans la poussière. Impossible pour le honteux de regarder à hauteur d’homme. Son regard tombe, ses yeux se baissent, son dos se voûte.

La honte grignote de ses dents acérées tout ce qui tombe sous son museau, l’estime de soi, la possibilité de regarder l’autre dans les yeux, la joie. Elle pousse à refuser l’amour.
Celui qui vit sous la honte se trouve indigne de la bonté d’autrui, qu’il prend pour de la pitié, indigne de son amour, qu’il prend pour de la commisération.

Ô Seigneur,
Épargne-moi la honte !

Pour rejoindre l’homme perdu dans sa honte, il fallait que Dieu s’abaissât plus bas que lui, pour se tenir à la hauteur de ce regard à ras de terre. Il fallait que Dieu lui-même subît la malédiction des coupables, la honte qui naît du regard méprisant que l’on porte sur eux. Ce qu’il fît.


A contempler le Crucifié humilié,
lui qui prit la honte sur lui, et sa malédiction,
lui qui est mort en son lieu même, pour qu’elle n’ait plus de lieu pour nuire,
nous pouvons en être guéri.

Humilité.
Croire que nous ne pouvons pas nous élever nous-même au-dessus de l’humus, mais que Dieu s’est abaissé jusque-là pour nous saisir par les cheveux et nous en relever.

Fierté.
Croire que de cet humus, Il a fait sa demeure, un jardin où nous pouvons vivre sans honte.