Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles
(et ne dit pas de faux serments).

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !


Portes, levez vos frontons,
élevez-vous, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !

Qui est ce roi de gloire ?
C'est le Seigneur, le fort, le vaillant,
le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,
levez-les, portes éternelles :
qu'il entre, le roi de gloire !

Qui donc est ce roi de gloire ?
C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ;
c'est lui, le roi de gloire.

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Les habitants de Jérusalem accueillent David : les portes de la ville doivent se hausser à la hauteur digne du roi.
Le roi David accueille l’Arche du Seigneur : les portes de sa capitale doivent s’élargir pour que Dieu ne soit pas à l’étroit.
La ville en fête accueille le Messie juché sur un âne. Les citoyens l’accueillent avec des palmes. Ils prient les portes de lever leurs linteaux pour honorer le Seigneur.
Or le Christ, lui, nous invite au contraire à choisir la petite porte, la porte étroite et basse. Il dit aux disciples d’Emmaüs : « Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » (*) Il en est de même pour nous. Il faut que le vieil homme meure pour laisser place à l’homme nouveau.

Alors nous entrons par les grandes portes du ciel pour partager la gloire éternelle. Tout ce qui est vain, sec, racorni dans notre vie doit être arraché, épuré, émondé, brûlé. Les scories de notre égocentrisme doivent être nettoyées par le feu. Ce n’est pas facile, ce n’est pas une épreuve agréable. Chacun est soucieux de son petit « moi ». Mais lorsqu’on s’est râpé les fesses et le ventre en essayant de passer par la porte étroite, il nous reste l’essentiel. On est en sang, mais on est vivant.
Alors que les portes de notre cœur s’ouvrent de haut en bas, de gauche et de droite pour laisser toute la place à Dieu. Il vient établir chez nous sa demeure. La joie et la paix sont ses compagnes.



* Évangile selon saint Luc,
chapitre 24, verset 26