Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.


Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Oh c’est facile pour la brebis de faire confiance au maître. Car enfin, une brebis, peut-elle faire autre chose ? Elle suit sa voisine, celle de devant, c’est tout. Elle ne prend pas garde à la route et ne se soucie guère de marcher sur la crête. La brebis est docile, mais je ne suis pas un mouton ! Et je ne veux pas en être. Je veux voir plus haut que le dos du voisin. Je veux voir la route, car parfois elle est belle. Je veux m’arrêter aussi quand le souffle me manque. Je veux juger, moi-même, si la voie est la bonne. N’y a t il pas moyen d’esquiver ce ravin ?
Mais je risque ainsi de perdre le meilleur. La prairie, l’herbe fraîche et le clou de la scène : la table dressée là-haut devant mes ennemis. Seul, c’est sûr, je ne trouverais jamais le chemin. Il m’est inaccessible le sentier escarpé qui conduit à la table aux convives impossibles. Et puis, vous m’imaginez, seul avec eux sur la route ? C’est à qui poussera son voisin le premier ! Vite, un berger pour me garder du loup qui sommeillait en moi.
Il faut donc accepter, parfois, d’être brebis. Mais toute la différence, c’est que moi j’ai le choix. Le choix de le suivre, les yeux ouverts, sur la route. Tant pis pour le vertige, et adieu mon orgueil. Je rentre dans le rang, de tous ceux qui l’écoutent. Déjà d’autres brebis sont parties avant moi. Je file : attendez-moi !