Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Pourquoi ce tumulte des nations,
ce vain murmure des peuples ?
Les rois de la terre se dressent,
les grands se liguent entre eux
contre le Seigneur et son messie :
« Faisons sauter nos chaînes,
rejetons ces entraves ! »

Celui qui règne dans les cieux s'en amuse,
le Seigneur les tourne en dérision ;
puis il leur parle avec fureur
et sa colère les épouvante :
« Moi, j'ai sacré mon roi
sur Sion, ma sainte montagne. »


Je proclame le décret du Seigneur !
Il m'a dit : « Tu es mon fils ;
moi, aujourd'hui, je t'ai engendré.
Demande, et je te donne en héritage les nations,
pour domaine la terre tout entière.
Tu les détruiras de ton sceptre de fer,
tu les briseras comme un vase de potier. »

Maintenant, rois, comprenez,
reprenez-vous, juges de la terre.
Servez le Seigneur avec crainte,
rendez-lui votre hommage en tremblant.
Qu'il s'irrite et vous êtes perdus :
soudain sa colère éclatera.

Heureux qui trouve en lui son refuge !

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Tu as raison, psalmiste ! Il est vain le « tumulte des nations » ! Elle est fatigante cette rumeur des peuples. Mais attention, tu précises : ce n’est pas le peuple qui assourdit les oreilles de Dieu, ce sont les puissants, les rois de la terre, les potentats de l’industrie, les virtuoses de la technologie et surtout, surtout, les jacasseurs des médias. Ce sont les porte-paroles autoproclamés, les professionnels du verbiage, vaniteux et suffisants. Le peuple, lui, se replie dans le silence. Le peuple, on ne l’entend jamais, sauf dans les révolutions. Mais alors, dans sa colère il ne papote pas, lui, il crie. Et ce cri monte jusqu’à Dieu.
Dieu entend le cri du peuple. Et il lui répond. Il dit : « J’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu son cri. »

Dans ce psaume, il dit aussi au Messie : « Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Un grand silence couvre alors la terre. Les vedettes et les people se taisent, confus. La réponse au cri des malheureux, la réponse de Dieu aux gémissements de l’enfant battu, à la femme humiliée, au pauvre à qui l’on vole son baluchon, au timide dont on se moque, la voici : « Je ne punis pas les salopards. Je vous envoie mon fils. Il va rire et pleurer avec vous, rompre le pain, chanter et faire la fête avec vous. Il va mourir avec vous. Et vous ressusciterez avec lui. Il essuiera toute larme de vos yeux. Il transformera vos pauvres corps en corps glorieux. Alors vous saurez que je suis Dieu. »