Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Que le Seigneur te réponde au jour de détresse,
que le nom du Dieu de Jacob te défende.
Du sanctuaire, qu'il t'envoie le secours,
qu'il te soutienne des hauteurs de Sion.

Qu'il se rappelle toutes tes offrandes ;
ton holocauste, qu'il le trouve savoureux.
Qu'il te donne à la mesure de ton coeur,
qu'il accomplisse tous tes projets.

Nous acclamerons ta victoire
en arborant le nom de notre Dieu.
Le Seigneur accomplira
toutes tes demandes.


Maintenant, je le sais :
le Seigneur donne la victoire à son messie ;
du sanctuaire des cieux, il lui répond
par les exploits de sa main victorieuse.

Aux uns, les chars ; aux autres,
les chevaux ;
à nous, le nom de notre Dieu : le Seigneur.
Eux, ils plient et s'effondrent ;
nous, debout, nous résistons.

Seigneur, donne au roi la victoire !
Réponds-nous au jour de notre appel.

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

« Que le Seigneur réponde au jour de détresse » : supplication quotidienne, pain ordinaire de la prière. Mais trop souvent Dieu semble sourd. Je revois des visages rencontrés, il y a presque un an, au sud Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo. Mal total que celui subi, depuis vingt ans, par des centaines de milliers de femmes et d’enfants, victimes de la « banalité du mal » d’hommes, de groupes armés. Mutilations sexuelles, tortures qu’on ne peut raconter et qui fracassent l’humanité. Le Seigneur entend-il leurs désespoirs ? Ils sont frères et sœurs de Job : « Qui fera que l’on m’écoute ? J’ai dit mon dernier mot : à Dieu de me répondre » (*). Oui, qu'il écoute à la mesure de leurs cœurs meurtris et les délivre de leurs ennemis. Qu’ils n’aient plus à avoir peur.


Mais sa réponse est dans nos mains. J’ai vu sa bonté à l’œuvre dans le corps d’hommes et de femmes, tel le docteur Denis Mukwege, qui, malgré fatigue et peine, secourent, accueillent, tentent l’impossible pour consoler et raccommoder des avenirs et des corps volés. Oui ce sont ces femmes et ces hommes qui sauvent l'humanité, à main nue. Ce sont eux qui viennent à ton secours, toi mon Dieu. C'est grâce à eux que je peux encore croire que tu n’as pas déserté cette terre désolée par la folie des hommes. Qu’un jour enfin, le mal sera vaincu.
« Je sais que mon défenseur est vivant et, le dernier sur la terre, il se lèvera » (**).



* livre de Job, chapitre 31, verset 35
** livre de Job, chapitre 19, verset 25