Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.

De ta face, me viendra la sentence :
tes yeux verront où est le droit.

Tu sondes mon coeur, tu me visites la nuit,
tu m'éprouves, sans rien trouver ;
mes pensées n'ont pas franchi mes lèvres.

Pour me conduire selon ta parole,
j'ai gardé le chemin prescrit ;
j'ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n'a trébuché.

Je t'appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

Montre les merveilles de ta grâce,
toi qui libères de l'agresseur
ceux qui se réfugient sous ta droite.
Garde-moi comme la prunelle de l'oeil ;
à l'ombre de tes ailes, cache-moi,
loin des méchants qui m'ont ruiné,
des ennemis mortels qui m'entourent.


Ils s'enferment dans leur suffisance ;
l'arrogance à la bouche, ils parlent.

Ils sont sur mes pas : maintenant ils me cernent,
l'oeil sur moi, pour me jeter à terre,
comme des lions prêts au carnage,
de jeunes fauves tapis en embuscade.

Lève-toi, Seigneur, affronte-les,
renverse-les ;
par ton épée, libère-moi des méchants.

Que ta main, Seigneur, les exclue d'entre les hommes,
hors de l'humanité, hors de ce monde :
tel soit le sort de leur vie !

Réserve-leur de quoi les rassasier :
que leurs fils en soient saturés,
qu'il en reste encore pour leurs enfants !

Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

Frères du 28

Méditation

Frères du 28

« Garde-moi comme la prunelle de l'oeil ». De même que la prunelle de l'oeil est fragile et précieuse, de même nous nous tournons vers toi, Dieu qui prends le parti des petits. Oui Seigneur! Protège-moi! Parce que -tu l'as promis- chacun de tes enfants est d'un grand prix à tes yeux et tu en as gravé le nom sur les paumes de tes mains.
« Cache-moi à l'ombre de tes ailes », comme sous les ailes déployées d'un grand oiseau, tel un aigle protecteur qui inspire confiance. Oui, Seigneur! Ne permets-pas que mes ennemis aient le dessus. Je sais ce que je te dois; ta sollicitude me protège.

Ces paroles sont celles d'un homme imprégné par la foi de tout un peuple, le peuple d’Israël. Cette foi s'étend à travers le temps et l'espace depuis Abraham jusqu'à aujourd'hui. Elle nous dit l'alliance d'amour entre Dieu et l'humanité. En elle, le croyant a trouvé un refuge, puissamment encouragé à saisir avec fermeté l'espérance qui lui est proposée; celle de la vie dans laquelle nous précède le Christ.
Rendre compte de cette espérance qui est en nous, c'est la partager avec beaucoup de simplicité et d'humilité avec ceux qui ne voient d'avenir ni pour eux ni pour ceux qui les entourent.
Et ce sur quoi repose notre assurance, c'est que notre Dieu est un Dieu juste. Au début et à la fin du psaume, on fait appel à la justice de Dieu: « Seigneur, écoute la justice » et « Et moi, par ta justice, je verrai ta face »: Dieu écoute le pauvre qui crie vers lui… et il le justifie, il l’ajuste à la Vie qu’il nous propose .