Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Garde-moi, mon Dieu :
j'ai fait de toi mon refuge.
J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Je n'ai pas d'autre bonheur que toi. »

Toutes les idoles du pays,
ces dieux que j'aimais,
ne cessent d'étendre leurs ravages,
et l'on se rue à leur suite.
Je n'irai pas leur offrir le sang des
sacrifices ;
leur nom ne viendra pas sur mes lèvres !

Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
La part qui me revient fait mes délices ;
j'ai même le plus bel héritage !


Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon coeur m'avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon coeur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m'apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
A ta droite, éternité de délices !

Sœur Véronique Margron

Méditation

Sœur Véronique Margron

Une parole qui me tient debout, une parole comme une caresse de cœur. Je n’ai d’autre Dieu que toi. Car tu es le Dieu qui me sauve, le seul qui prend mon pas. Le seul qui me tire de la désolation. Toi, mon Seigneur et mon Dieu.

Oui, mon Dieu est mon refuge. Non pour fuir le monde avec ses soucis, ses contradictions, ses violences. Non pour me fuir, avec mes ambiguïtés, mes ombres, mes peurs. Mon refuge est une maison, un abri. Il me protège pour tenir dans la vie difficile, devant des choix douloureux et incertains.

Un asile pour habiter avec moi-même, pour de vrai. Pour me défaire, autant qu’il est possible, de ces idoles qui me mentent : reconnaissance, succès, facilités, opinion publique…

Mon Dieu me fait vivre car il me fait hospitalité. C’est son humanité qui est hospitalière à toutes nos vies et au tout de nos vies. Il est mon lieu sûr, celui qui me déloge de trop de certitudes pour m’aventurer à chercher le vrai, pas sans lui. Lieu ouvert.
«  Voici que je me tiens à` la porte et que je frappe, si quelqu’un ouvre, j’entrerai et prendrai mon repas avec lui et lui avec moi » (*).



* livre de l'Apocalypse
chapitre 3, verset 20