Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Alléluia !

Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur!
Je veux louer le Seigneur tant que je vis,
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.

Ne comptez pas sur les puissants,
des fils d'homme qui ne peuvent sauver !
Leur souffle s'en va : ils retournent à la terre;
et ce jour-là, périssent leurs projets.

Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
lui qui a fait et le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu'ils renferment !



Il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l'étranger.

Il soutient la veuve et l'orphelin,
il égare les pas du méchant.
D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

Il faudra bien un jour prendre au sérieux cette parole : Le Seigneur délie les enchaînés, et délivre les prisonniers.

Ce n’est pas pour plus tard, ni pour demain,
Car si c’est bien vrai, il faut que cela soit vrai dès maintenant.

Les enchaînés, les vrais, ceux qui ont peur de tout et ne s’aiment pas eux-mêmes, bien souvent font malgré eux subir aux autres le même sort, sans s’en apercevoir. Autour d’eux ils lient, paralysent, arraisonnent la vie, au risque de faire le vide autour d’eux et de redoubler le malheur.

Si nous sommes du Ressuscité, il n’y a pas d’histoire : il faut avec lui aimer les enchaînés, être près d’eux une présence dont ils n’ont rien à craindre ; supporter leurs colères et leurs chaînes sans pourtant s’y complaire, et desserrer un tout petit chouïa l’étau qui les enserre.

Et pour cela ne pas attendre d’être soi-même délivré de ses propres chaînes, de ses aveuglements, de ses accablements.

Non, mais si par notre douceur et par notre patience, nous contribuons à délier les autres, nos propres chaînes (qui sait ?), peut-être tomberont.
C’est en donnant l’amour que l’on apprend l’amour. Le changement, c’est maintenant.

Seigneur des vivants, tu n’as pas compté sur les puissants, mais au contraire sur les bras cassés que nous sommes, pour en faire rien de moins que tes messagers.
Ce sont les petits, les invisibles, les très ordinaires, les étrangers que tu as choisis pour déposer dans leurs mots ta voix, ta parole de feu, cette voix qui délivre et relève.

Que mon chant t’enveloppe de gratitude et de reconnaissance.