Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais !

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n'est pas de limite.

D'âge en âge, on vantera tes oeuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.

On dira ta force redoutable ;
je raconterai ta grandeur.
On rappellera tes immenses bontés ;
tous acclameront ta justice.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses oeuvres.

Que tes oeuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne.
ils parleront de tes exploits,


annonçant aux hommes tes exploits,
la gloire et l'éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.

Il répond au désir de ceux qui le craignent ;
il écoute leur cri : il les sauve.
Le Seigneur gardera tous ceux qui l'aiment,
mais il détruira tous les impies.

Que ma bouche proclame les louanges du Seigneur !
Son nom très saint, que toute chair le bénisse
toujours et à jamais !

Frère Philippe Verdin

Méditation

Frère Philippe Verdin

Vous ne trouvez pas que dans ce psaume, Dieu ressemble à une mère ? D’aucuns disent, comme le bon docteur Freud, que le Dieu de la Bible est un père acariâtre, juge implacable, castrateur sévère et jaloux. C’est qu’ils n’ont pas lu la Bible, ou alors une Bible tronquée ! Une Bible dont on aurait arraché les pages bruissantes de tendresse et d’amour, une Bible expurgée des prophètes Isaïe, Ézéchiel et Osée, une Bible sans les psaumes…
Car tous ces livres chantent l'amour et la tendresse de Dieu. L’Ancien Testament, même lui, multiplie à l’envi les descriptions de Dieu qui dégorge de tendresse. Petit florilège, rien que dans le livre d’Isaïe, Dieu dit : « Tu comptes beaucoup à mes yeux et je t’aime ! Une femme peut-elle oublier son petit enfant ? Même si les femmes oubliaient, moi je ne t’oublierai pas (*). Dans un amour éternel, j’ai pitié de toi, mon amour ne s’écartera plus jamais de toi mon peuple. »

Le Seigneur trouve en toi son plaisir : c’est la joie de l’époux pour son épouse que ton Dieu éprouve à ton sujet. Tel un berger le Seigneur fait paître son troupeau, il porte ses agneaux sur son cœur . Le Seigneur essuiera les pleurs sur tous les visages (**). »
Est-ce là le portrait d’un Dieu qui suscite la peur ? Souvent nous projetons nos propres fantasmes sur Dieu et il a bon dos. Regardons- le en vérité, adorons-le enfin tel qu’il se révèle, tel qu’il s’approche de nous. Le Seigneur est « tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. » Cet amour-là s’éprouve par les actes : Dieu est venu vivre avec nous et il a donné sa vie pour nous montrer jusqu’où va son amour. Tu sais tout, Seigneur : tu sais bien que je t’aime ! (***) Moi je ne sais pas grand chose, Seigneur, mais je suis sûr que tu m’aimes.



* livre d'Isaïe, chapitre 43, verset 4
puis chapitre 49, verset 15
** livre d'Isaïe, chapitre 25, verset 8
puis chapitre 40, verset 11
*** Évangile selon saint Jean,
chapitre 21, verset 17