Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

A pleine voix, je crie vers le Seigneur !
A pleine voix, je supplie le Seigneur !
Je répands devant lui ma plainte,
devant lui, je dis ma détresse.

Lorsque le souffle me manque,
toi, tu sais mon chemin.
Sur le sentier où j'avance,
un piège m'est tendu.

Regarde à mes côtés, et vois :
personne qui me connaisse !
Pour moi, il n'est plus de refuge :
personne qui pense à moi !


J'ai crié vers toi, Seigneur !
J'ai dit : « Tu es mon abri,
ma part, sur la terre des vivants. »

Sois attentif à mes appels :
je suis réduit à rien ;
délivre-moi de ceux qui me poursuivent :
ils sont plus forts que moi.

Tire-moi de la prison où je suis,
que je rende grâce à ton nom.
Autour de moi, les justes feront cercle
pour le bien que tu m'as fait.

Frères du 28

Méditation

Frères du 28

Dans l'idéal, les chrétiens ne devraient pas avoir d'ennemis : ils doivent aimer tout le monde et tout le monde doit les aimer ! Malheureusement les psaumes sont là pour nous dire le contraire et le frère Christophe de la communauté de Thibhirine le rappelle justement à propos de la prière de l'office monastique. Les mots des psaumes résistent, font corps avec la situation de violence, d'angoisse, de mensonge et d'injustice. Oui, il y a des ennemis. On ne peut pas nous contraindre à dire trop vite qu'on les aime, sans faire injure à la mémoire des victimes dont chaque jour le nombre s’accroît.
Dieu Saint ! Dieu Fort ! Viens à notre aide ! Vite, au secours.
Cette violence, c'était hier en Algérie, c'est aujourd'hui en Syrie et qui sait où ce sera demain ?

Jésus s'est fait des ennemis, ils lui ont tendu des pièges pour pouvoir l'accuser (verset 4) et il n'a pas voulu mobiliser la puissance de Dieu pour échapper à cette violence si largement partagée par tant de millions d'hommes dans l'histoire : Il a voulu partager cette expérience de la haine.
Sa seule ressource est de chercher en Dieu son abri (verset 6), son refuge, sa forteresse : « Entre tes mains, je remets mon esprit. » D'où le témoignage des disciples dans les Actes des Apôtres : « Ce Jésus, que vous avez assassiné, Dieu l'a ressuscité. » Tous les discours des Actes des Apôtres utilisent ce même schéma de contraste, ils ne disent pas « Il est ressuscité », mais « Dieu l'a ressuscité » car c'est de lui qu'ils attendent le salut pour le partager dans la communauté des frères. « Autour de moi, les Justes feront cercle » (verset 8).