Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?
Qui habitera ta sainte montagne ?

Celui qui se conduit parfaitement,
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son coeur. R/

Il met un frein à sa langue,
ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain. R/

A ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur. R/

S'il a juré à ses dépens,
il ne reprend pas sa parole. R/

Il prête son argent sans intérêt,
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.

R/ Qui fait ainsi demeure inébranlable.


Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

Ta tente

Qui séjournera sous ta tente ?
Celui qui met un frein à sa langue.

Ta tente est Seigneur un abri pour la parole,
un habit de silence pour abriter le Verbe.

Le silence est cette parole qui porte à l’aimé le trop plein de ce qu’on a à lui dire,
une barque qui glisse sur le gué, pour transporter les mots d’une rive à l’autre,
une densité de mots cristallisés, un diamant.

Tu n’as pas d’autre abri que notre silence, et notre soin des mots, toi qui est la Parole.
Séjourner sous ta tente ne peut se faire qu’avec toi au cœur de cette extrême pauvreté.
Tu te livres à notre silence, et si nous le couvrons de bruit, si nous le noyons, tu te tais.

Le silence est le plus sûr moyen de n’outrager personne,
c’est une crèche pour que naisse le Verbe,
c’est un don, une sainte montagne, un temple,
où l’homme peut apprendre à parler.


A celui qui guette ta parole comme on espère une lumière dans la nuit,
tu apprends à ne pas abîmer le silence de paroles vaines.
tu apprends à construire un abri à la parole,
une demeure pour la protéger du vent du bavardage, un écrin.

Apprends-moi à construire une tente pour ta parole qui balbutie en moi,
pour me tenir tout contre ta parole qui est en moi l’amour nu, comme l’enfant de la crèche.

Ô Seigneur, apprends-moi
à soulever une à une les couches de bruit qui me séparent de toi,
pour me tenir au plus près de toi,
là où tu es au plus près de moi, dans le silence qui prépare toute naissance,
dans cette profondeur où ta parole fait ce qu’elle dit.