Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Souviens-toi, Seigneur, de David
et de sa grande soumission
quand il fit au Seigneur un serment,
une promesse au Puissant de Jacob :

« Jamais je n'entrerai sous ma tente,
et jamais ne m'étendrai sur mon lit,
j'interdirai tout sommeil à mes yeux
et tout répit à mes paupières,
avant d'avoir trouvé un lieu pour le Seigneur,
une demeure pour le Puissant de Jacob. »

Voici qu'on nous l'annonce à Éphrata,
nous l'avons trouvée près de Yagar.
Entrons dans la demeure de Dieu,
prosternons-nous aux pieds de son trône.

Monte, Seigneur, vers le lieu de ton repos,
toi, et l'arche de ta force !
Que tes prêtres soient vêtus de justice,
que tes fidèles crient de joie !

Pour l'amour de David, ton serviteur,
ne repousse pas la face de ton messie.


Le Seigneur l'a juré à David,
et jamais il ne reprendra sa parole :
« C'est un homme issu de toi
que je placerai sur ton trône.

« Si tes fils gardent mon alliance,
les volontés que je leur fais connaître,
leurs fils, eux aussi, à tout jamais,
siégeront sur le trône dressé pour toi. »

Car le Seigneur a fait choix de Sion ;
elle est le séjour qu'il désire :
« Voilà mon repos à tout jamais,
c'est le séjour que j'avais désiré.

« Je bénirai, je bénirai ses récoltes
pour rassasier de pain ses pauvres.
Je vêtirai de gloire ses prêtres,
et ses fidèles crieront, crieront de joie.

« Là, je ferai germer la force de David ;
pour mon messie, j'ai allumé une lampe.
Je vêtirai ses ennemis de honte,
mais, sur lui, la couronne fleurira. »

Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Seigneur, Dieu vagabond, où vas-tu reposer ? Dans quel temple de pierre ferais-tu ta demeure ? Où donc poser la tête quand on tient en sa main et l’univers entier et le temps, et la vie ? N’as-tu donc jamais pris quelque temps de repos ?
Mais toi, Jésus, tu as pu partager le sommeil des hommes. Endormi sur la barque, tandis que tous ramaient tu n’as pu cependant prolonger ton répit. Il fallait sauver ceux qui cernés par les vagues criaient vers toi leur peur. « Silence ! » et les eaux en furies se reposent soudain lorsque Dieu en un mot réveilla sa puissance. Tu ne dormais donc pas, car ton cœur veillait. Et puis ce fut ce soir : tes disciples apeurés et pétris de fatigue s’endorment l’un après l’autre à l’Heure décisive. Mais tu veilles, toi seul, attendant ta Passion.

Car Dieu ne s’endort pas quand il Lui faut combattre. Son repos attendra la victoire finale.
Sur ton trône superbe, plus tard, tu t’endormis. Il fallait que tu montes à ce lieu de repos, pour goûter une seule fois à cet arrêt soudain, pour nous si naturel, pour toi si étranger. A Sion ton palais est un poteau de bois. Suspendu au gibet tu parais y dormir.
Pourtant, vêtu de notre honte, et couronné de gloire tu ne dors pas : tu entres en ton Sabbat, tu reviens à ton Père, et offres en ton repos tous les biens de la terre que la croix fait germer. Tu bénis les récoltes : les hommes qui veillent et ceux qui s’éveilleront quand tu viendras glorieux partager ton Sabbat avec la terre entière délivrée de la nuit.