Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Qui s'appuie sur le Seigneur
ressemble au mont Sion :
il est inébranlable,
il demeure à jamais.

Jérusalem, des montagnes l'entourent ;
ainsi le Seigneur : il entoure son peuple
maintenant et toujours.

Jamais le sceptre de l'impie
ne pèsera sur la part des justes,
de peur que la main des justes
ne se tende vers l'idole.


Sois bon pour qui est bon, Seigneur,
pour l'homme au coeur droit.
Mais ceux qui rusent et qui trahissent,
que le Seigneur les rejette avec les méchants !

Paix sur Israël !

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

L’idole ! Pouvoir, Savoir, Gloire, Prestige, Argent, les idoles séduisent et réduisent en esclavage. Elles exigent le sang des sacrifices humains et ne tiennent jamais les promesses de vie qu’elles font à leurs fidèles. Avec toute la pensée biblique, le psalmiste a l’idole en horreur. Elle est l’anti-Dieu. Mais comment l’idolâtrie est-elle possible parmi les fidèles du Seigneur ? Il cherche à comprendre. Telle Jérusalem, entourée de montagnes, le Seigneur ne garde-t-il pas son peuple des idoles ? Qui s’appuie sur lui demeure inébranlable. Jamais il ne versera aux idoles le sang des sacrifices. Une explication lui vient ici. Elle tend sinon à déculpabiliser entièrement l’idolâtre, au moins à amoindrir sa responsabilité.

C’est un peuple persécuté, soumis au joug politique de ceux qui ne craignent pas Dieu, qui risque de se tourner vers l’idole : « Jamais le sceptre de l’impie ne pèsera sur la part des justes, de peur que sa main ne se tende vers l’idole. » Mais non, il s’égare. Ni l’impie, ni personne, ni Dieu surtout, ne peut être tenu pour responsable d’une main qui se tend vers l’idole. « Ceux qui rusent et qui trahissent que le Seigneur les rejette avec les méchants ! » Le juste qui a trahi en allant vers l’idole s’est laissé pervertir. Qu’il se reprenne et qu’il revienne vers le Seigneur qui est riche en pardon : « Sois bon pour qui est bon, Seigneur, pour l’homme au cœur droit. »

« Vous ne pouvez pas servir deux maîtres, Dieu et l’idole », dira ainsi Jésus, en digne fils d’Israël, à propos de l’Argent (*).



* Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 24