Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Quelle joie quand on m'a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »

Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !
Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu'un !

C'est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur,
là qu'Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C'est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t'aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

A cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
A cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.


Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

PAIX SUR TOI

Chaque matin, se lever, repartir.
Marcher de nouveau.
Chaque matin, ce sentiment d’exil quand la paix n’est pas là.
Pèlerins et étrangers nous sommes,
Jamais vraiment chez nous,
Jamais vraiment arrivés,
Soupirant, encore, et encore devant les micro-efforts quotidiens à fournir.

Chaque matin, supporter les insupportables,
Et le plus insupportable de tous, soi-même, sur qui l’on peut si peu…

Et pourtant,
Ne pas oublier ces heures de lumière et de légèreté,
quand ta paix, Seigneur, ta paix toujours donnée, nous l’avons reçue.
Plus d’exil, mais à la place, l’absolue certitude d’être exactement au bon endroit, exactement chez soi, fût-ce au bout du monde.

Cette paix que tu donnes en héritage,
c’est la certitude de la défaite de l’accusateur.
C’est la fin des paroles qui condamnent.


C’est entendre pour de vrai que tu n’es pas venu pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé.
Alors, l’avenir est ouvert.
Et cette paix ne s’étiole que si on ne la partage pas.

Paix aux hommes qui tremblent de peur !
Paix aux hommes qui n’ont pas de demeure !

Paix à chacun de ceux qui mettent leurs mots dans tes mots pour te parler !
Paix aux hommes qui écoutent ou lisent les mots des psaumes, et les entendent, tout neufs !
Paix à tous nos compagnons de lecture, dans cette aventure psaumedanslaville…

Ta paix, c’est déjà être aux pieds des remparts de la Cité de Dieu,
ne plus craindre l’exil, être partout chez toi, puisque partout, tu es avec nous.

C’est recevoir tout homme comme un don,
(oui, toi qui me lis, tu es un don de Dieu au monde)
C’est se recevoir soi-même comme un don.