Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

J'appelle de tout mon coeur : réponds-moi ;
je garderai tes commandements.
Je t'appelle, Seigneur, sauve-moi ;
j'observerai tes exigences.
Je devance l'aurore et j'implore :
j'espère en ta parole.
Mes yeux devancent la fin de la nuit
pour méditer sur ta promesse.
Dans ton amour, Seigneur, écoute ma voix :
selon tes décisions fais-moi vivre !
Ceux qui poursuivent le mal s'approchent,
ils s'éloignent de ta loi.
Toi, Seigneur, tu es proche,
tout dans tes ordres est vérité.
Depuis longtemps je le sais :
tu as fondé pour toujours tes exigences.


Sœur  Anne Lécu

Méditation

Sœur Anne Lécu

TU ES PROCHE

Toi Seigneur, tu es proche.

Au moment même où je me tourne vers toi, tu es mon élan.
Au moment même où je crie vers toi, tu portes mes mots.
Lorsque je dors, tu veilles pour que la nuit je ne sois pas seule.

Mes yeux devancent la fin de la nuit et toi déjà tu es là, tu as entrebâillé les volets pour que la lumière rentre, mis une buche au feu pour que le froid s’en aille, et fait chauffer le pain.

Je t’implore et déjà tu m’as entendue.
Je t’appelle, et déjà tu m’as sauvée.
Je crie vers toi et déjà tu m’as répondu.

Toi Seigneur tu es le plus proche de mes prochains,
le plus intime de mes amis, mon plus que frère.
Plus que jumeau.
Tu es mon frère du dedans.
Celui qui tisse en mon sein l’image de toi que je reflète.


Unique.
Toujours unique.
Toujours reprise et retissée du dedans par tes mains, ô mon Seigneur.
Oui, tu es proche.

Tu es proche lorsque moi je suis loin.
Tu es proche, lorsque je suis perdue.
Tu es proche lorsque je dors d’ennui ou de fatigue, par désinvolture, inconstance ou simplement écrasée de ce pauvre désespoir ordinaire, cet « à quoi bon » qui est le contraire de la foi.
Tu es proche tout spécialement, de ceux qui ne croient pas qu’il soit possible seulement en rêve de te parler. Tu es proche des prisonniers, des prisonnières que je côtoie. Tu es proche de leurs misères, parce que tu l’as connue et qu’ils le savent, rien qu’à te voir : ils savent bien que tu es des leurs.

Viens me chercher dès le matin, avant l’aurore,
avant le café chaud et la tartine de confiture…
Et apprends-moi, Seigneur mon Dieu, à me faire proche…