Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Que mon cri parvienne devant toi,
éclaire-moi selon ta parole, Seigneur.
Que ma prière arrive jusqu'à toi ;
délivre-moi selon ta promesse.
Que chante sur mes lèvres ta louange,
car tu m'apprends tes commandements.
Que ma langue redise tes promesses,
car tout est justice en tes volontés.


Que ta main vienne à mon aide,
car j'ai choisi tes préceptes.
J'ai le désir de ton salut, Seigneur :
ta loi fait mon plaisir.
Que je vive et que mon âme te loue !
Tes décisions me soient en aide !
Je m'égare, brebis perdue :
viens chercher ton serviteur.
Je n'oublie pas tes volontés.

Frère Pascal Marin

Méditation

Frère Pascal Marin

Merveille de prière, que cette finale du psaume 118. Le psalmiste prie pour qu’il lui soit donné de rejoindre le cœur de Celui à qui il s’adresse : « Que mon cri parvienne devant toi, que ma prière arrive jusqu’à toi. » (*) Désir bien légitime que la prière ne se heurte pas à un mur, qu’elle ne s’épuise pas en tombant dans le vide ! Désir du psalmiste que ses demandes soient exaucées ? Non, ou plutôt il n’a qu’une seule et grande demande, et elle porte sur la prière elle-même. C’est une prière sur la prière, une prière pour que la prière demeure toujours et qu’elle porte la vie à une âme qui ne veut vivre qu’à louer. Demander non pas de recevoir ceci ou cela mais le seul essentiel : que la louange ne s’interrompe jamais. Car celui qui vit dans la louange sait que son âme est vivante : « Que je vive et que mon âme te loue ! »

La vie éternelle n’est-elle pas perpétuelle contemplation et louange de la splendeur divine ? Mais la prière qui s’élève ici monte de la terre des hommes. Le psalmiste, qui veut vivre de la louange, sait aussi sa fragilité et qu’il ne peut tenir dans cette voie sans que son âme ne soit soutenue par Celui qu’elle adore. Il a besoin d’être éclairé par la parole. Il lui faut être secouru lorsqu’il s’égare, et recherché lorsqu’il se perd : « Je m’égare, brebis perdue, viens chercher ton serviteur. »

« La vie éternelle, c’est de connaître Dieu », dira Jésus en saint Jean (**). Et Le connaître, puisqu’il est l’amour, c’est l’aimer en se sachant aimé de lui. La louange le sait.



* versets 169,170
** première lettre de saint Jean, chapitre 5, verset 20