Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Quelle merveille, tes exigences,
aussi mon âme les garde !
Déchiffrer ta parole illumine,
et les simples comprennent.
La bouche grande ouverte,
j'aspire, assoiffé de tes volontés.
Aie pitié de moi, regarde-moi :
tu le fais pour qui aime ton nom.
Que ta promesse assure mes pas :
qu'aucun mal ne triomphe de moi !
Rachète-moi de l'oppression des hommes,
que j'observe tes préceptes.
Pour ton serviteur que ton visage s'illumine :
apprends-moi tes commandements.
Mes yeux ruissellent de larmes
car on n'observe pas ta loi.


Frère Franck Dubois

Méditation

Frère Franck Dubois

Je cherche des lunettes, pour déchiffrer le monde. La Bible, tout d’abord, si épaisse, si longue. Sagement oubliée dans un coin du salon. « Un jour je la lirai, mais ma vue a baissé, j’attends de nouveaux verres pour goûter la Parole ». Il me faudra aussi déchiffrer tous mes frères, obscurs êtres de chair, souvent imprévisibles : quel mystère dans les hommes auprès de qui je vis. « Un jour je comprendrai. Mais comment voir si large, observer sans juger, pour discerner en tous ce qu’il y a de beau ». Et puis, je n’oublie pas le plus grand des mystères : c’est moi ! Un bonhomme complexe, plein de contradictions, voulant tellement bien faire, y parvenant rarement. « Un jour je m’arrêterai. Mais comment voir si près pour scruter en moi-même la voie des profondeur, qui unira mon être, simplifiera mon cœur ».

Ma vue baisse en effet, à force de voir sans vraiment regarder, à force de surfer à la surface du monde, et glaner ça et là quelques images futiles. Mon regard paresseux finit par s’obscurcir et tout devient opaque. Je pleure, et n’y vois plus de n’avoir pu ouvrir mes yeux chaque fois comme il fallait. Regarde, bon Seigneur, toi seul sais regarder. Regarde ton aveugle qui n’a pas voulu lire dans le Livre du monde, dans le Livre du cœur, et dans ton Livre Saint ce que tu as écrit.
Au diable les lunettes, je dois rapprendre à lire. Tu seras Dieu mon maître, pour déchiffrer ta Loi inscrite au cœur des êtres, gardée au fond de moi. Ce soir, j’ouvre le Livre. Ce soir, enseigne-moi.