Psaume dans la ville

S'arrêter, goûter une parole

Tu fais le bonheur de ton serviteur,
Seigneur, selon ta parole.
Apprends-moi à bien saisir, à bien juger :
je me fie à tes volontés.
Avant d'avoir souffert, je m'égarais ;
maintenant, j'observe tes ordres.
Toi, tu es bon, tu fais du bien :
apprends-moi tes commandements.
Des orgueilleux m'ont couvert de
calomnies :
de tout coeur, je garde tes préceptes.
Leur coeur, alourdi, s'est fermé ;
moi, je prends plaisir à ta loi.
C'est pour mon bien que j'ai souffert,
ainsi, ai-je appris tes commandements.
Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche,
plus qu'un monceau d'or ou d'argent.



Frères du 28

Méditation

Frères du 28

« La loi de ta bouche », voilà le bonheur du psalmiste ! Son bonheur, ce qui le comble et le rassasie n’est pas une de ces lois qui ressemblent à un règlement consigné en formules abstraites et lourdes mais bien une loi qui s’exprime par une bouche. Et cette bouche est celle de Dieu. Sa loi, nous la comprenons donc vivante, dialoguée, interactive dirions-nous aujourd’hui. Bienfaisante aussi, car elle est La loi de Celui « qui est bon et qui fait du bien » (*). Et comme la lumière a la vertu de faire reculer l’obscurité, le bon et le bien qu’Il nous donne mettent silencieusement en échec le mal commis par les orgueilleux avec « leur cœur alourdi » (**).
Pour « prendre plaisir à sa loi », « à bien saisir, à bien juger » (***), il y a comme un maître.

Curieux maître en apparence puisque c’est la souffrance : « Avant d’avoir souffert, je m’égarais » (****). Mais attention ! Cette souffrance ne saurait d’aucune manière se trouver en contradiction avec la tendresse de Dieu, son pardon et son amour sans condition. Cette qualité de souffrance est le prix à payer, elle est ce que vous coûte à certaines heures l’observance d’une fidélité. C’est une souffrance qui nous rend frère et sœur des souffrances autour de nous. Elle est une exigence enfin dont on prend la mesure en vivant de l’amour sans mesure de notre Dieu. « Plus qu’un monceau d’or et d’argent », nous devenons riches de cette bonté qui va jusqu’à totalement se livrer.



* verset 68
** verset 70
*** verset 66
**** verset 67